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Le
22 avril 2001
Tchernobyl,
déjà 15 ans
Le
26 avril 1986, l'explosion du réacteur numéro quatre de la centrale de
Tchernobyl en Ukraine a causé le plus grave accident nucléaire de l'histoire.
On estime que cette catastrophe a provoqué des dizaines de milliers
de morts, atteints de divers cancers, notamment de la glande thyroïde.
Quinze ans plus tard, le bilan final n'est pas encore connu et la population
des environs reste profondément marquée. De la tragédie à l'oubli : rappel
de ces événements qui ont secoué le monde en 1986.
Le
26 avril 1986, le plus grave accident de l'histoire du nucléaire se produit
à Tchernobyl, en Ukraine. Dans les jours suivants, les soldats et les
pompiers appelés sur les lieux travailleront jour et nuit, exposés à de
très fortes doses radioactives. La plupart d'entre eux mourront dans les
mois ou les années qui suivent.
Que s'est-il passé?
Suite à une erreur humaine, une violente explosion a soulevé dans les
airs la dalle supérieure du réacteur, pesant 2000 tonnes. Une partie du
cœur du réacteur a été pulvérisée et projetée sur les bâtiments voisins,
libérant une énorme quantité de poussières et de gaz radioactifs. L'incendie
a duré dix jours. On a évacué tous les habitants dans une zone de 30 kilomètres
de diamètre autour de la centrale, et créé une zone interdite.
Mais la radioactivité ignore les zones interdites. Les retombées se sont
faites par taches, sur un territoire s'étendant bien au-delà de la zone
interdite. Elles ont touché de larges parties de l'Ukraine, la Biélorussie
et la Russie.
Dans
ces territoires, l'environnement est contaminé. Mais ce qui est le plus
dramatique, c'est l'impact sur la santé humaine. Les radiations de Tchernobyl
ont rapidement causé des cancers de la thyroïde. Ce sont surtout les enfants
et les adolescents qui ont été atteints. Au total, les Nations unies avancent
le chiffre de 11 000 cas. Souvent, on a pu les opérer. Mais ces jeunes,
touchés en plein développement, en subiront des séquelles toute leur vie.
Toutefois,
ce serait une erreur de penser que seule la glande tyroïde a été touchée.
Les radiations ont affecté tous les organes des millions de personnes
qui y ont été exposées. Dans les mois et les années qui ont suivi, des
maladies des systèmes digestif, pulmonaire et sanguin, notamment, se sont
déclarées chez ces personnes. Mais ce n'est pas fini. Certains chercheurs
s'attendent à une poussée des cancers qui se manifestent à très long terme
- notamment les leucémies.
Les autorités d'Ukraine
estiment aujourd'hui que 15 000 décès sont directement attribuables aux
retombées de Tchernobyl. Par ailleurs, on s'attendait à des malformations
chez les nouveau-nés dans les régions affectées. On a plutôt constaté
une forte augmentation de la stérilité et des avortements spontanés parmi
les couples en âge de procréer.
Toutefois, globalement,
la situation environnementale s'est beaucoup améliorée. Une bonne nouvelle
a été la désintégration des éléments radioactifs, un phénomène naturel.
La
plus grande quantité de radiations provenait de l'iode 131, un gaz dont
la masse diminue de moitié tous les huit jours. Au bout de quelques semaines,
il n'en restait pratiquement plus. Quant aux éléments plus durables, comme
le césium, au bout d'un an, la moitié de la dose initiale avait disparu.
Après 10 ans, 80 % avait disparu. D'ici 30 ans, le niveau sera proche
du bruit de fond naturel.
On estime donc que
la plupart des zones contaminées retrouveront d'ici une dizaine d'années,
un niveau de production agricole à peu près normal, sans risque de contamination
radioactive. Seule la zone de 30 kilomètres autour de la centrale
demeurera interdite.
En
décembre dernier, le président Kouchma officialisait en grandes pompes
la fermeture définitive du dernier réacteur encore en opération à la centrale
de Tchernobyl. Il reste que l'état du bâtiment qui recouvre le réacteur
accidenté, le sarcophage, pose de sérieux problèmes. Construit à la hâte
dans les mois qui ont suivi la catastrophe, il menace aujourd'hui de s'effondrer,
exposant à l'air libre 160 tonnes de combustible hautement radioactif.
Il faudrait le rebâtir, mais personne ne s'entend sur la manière de procéder.
Quinze
ans plus tard, plusieurs millions de personnes vivent toujours dans l'ombre
de Tchernobyl. L'accident nucléaire d'avril 1986 aura bouleversé leur
vie à tout jamais.
Journaliste : Jean-Pierre
Rogel
Réalisateur : Pascal Gélinas
Adaptation pour Internet : Jean-Charles Panneton
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