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Adaptation pour Internet : CAROLINE PAULHUS

Émission du 30 mai 2003

HONG-KONG, ZONE CAPITALISTE

journaliste : ANNE PANASUK
réalisatrice : KRISTINA VON HLATKY

Près de 200 000 Canadiens vivent à Hong-Kong, c'est la deuxième communauté d'étrangers en importance. Depuis la rétrocession, il est maintenant plus complexe de faire des affaires en Chine. Cependant, avec l'aide de conseillers canadiens d'origine chinoise qui maîtrisent le français, l'anglais et le chinois, les entreprises canadiennes et québécoises ont réussi à s'imposer en Chine.

 

Plus nombreux que les Britanniques, plus nombreux que les Américains, les Canadiens sont 200 000 à vivre à Hong-Kong. Des Canadiens nés au Canada, d'autres nés en Chine, devenus Canadiens et de retour à Hong-Kong. Les Canadiens forment la deuxième communauté d'étrangers en importance ici. Six cents entreprises canadiennes sont présentes à Hong-Kong.

Avec la rétrocession, les Hongkongais ont cru que ce serait la fin du capitalisme et de la liberté. C'est alors qu'est venu l'exode, entre autres vers le Canada, pour obtenir un passeport, mais surtout pour protéger leurs intérêts économiques. Pourtant, au lendemain des célébrations de la rétrocession, Hong-Kong n'est pas devenue communiste. Depuis cinq ans, le capitalisme demeure intact. C'est une promesse de la Chine pour encore 45 ans. Hong-Kong a le statut de région administrative spéciale de la Chine.

Malgré cette condition, quelques mois plus tard, une crise économique frappe toute l'Asie. Le Québécois Bernard Pouliot travaille dans la haute finance à Hong-Kong. Il est le président de Quam limitée. Selon lui, l'année 1997 a été catastrophique pour Hong-Kong, non pas à cause de la rétrocession, mais à cause de cette crise économique qui a dévasté toute l'Asie. « Il y a eu une contraction au niveau des ventes au détail. Les gens ont épargné et ont arrêté d'acheter de l'immobilier. Alors, ceux qui voulaient vendre, qui avaient des dettes, ne pouvaient plus vendre. »

La crise perdure. Le taux de chômage est passé de presque 0 à 7 %, du jamais vu à Hong-Kong. Et il n'y a pas d'assurance-chômage. Les gens ont perdu de l'argent. Les prix de l'immobilier ont chuté de 65 %. Malgré tout, se loger en ville coûte très cher. Le prix d'un loyer est en moyenne trois fois plus élevé qu'à Montréal.

Hong-Kong a longtemps été synonyme de liberté et de richesse, et la Chine, de répression et de pauvreté. Tout change : la Chine est en plein essor alors que Hong-Kong est en récession.

Pour les Canadiens à Hong-Kong, posséder la double nationalité canadienne et chinoise est un atout pour brasser des affaires. En étant Canadien, on peut obtenir un prêt d'Ottawa, et comme Chinois, on peut circuler facilement en Chine. Les Canadiens non-résidents ne paient pas d'impôts sur les revenus gagnés outremer, et à Hong-Kong, l'impôt personnel maximal n'est que de 15 %. Il n'y a pas d'impôts sur les gains en capital. Tout cela est parfaitement légal, typique, même depuis la rétrocession.

Le potentiel d'affaires est immense en Chine populaire. Quelque 70 villes chinoises ont plus d'un million d'habitants. Shanghai a 16 millions d'habitants, Pékin, 13 millions. Et en plus, tout est moins cher en Chine : le loyer, les salaires aussi. Jusqu'à 10 fois moins. Plusieurs entreprises manufacturières de Hong-Kong ont déjà déménagé en Chine populaire.

 

Alors que la Chine représente le quart des habitants de la planète, prêts à consommer, à Hong-Kong, le marché est saturé. « La Chine est en train de croître, Hong-Kong est en train de mourir. La différence dans l'atmosphère, ça se sent. C'est palpable. Ici, on s'accroche à ce qu'on a. On ne veut pas perdre ce qu'on a déjà. Il n'y a rien qui croît ici. On perd, on perd, on perd de jour en jour. On traverse la frontière, on va en Chine populaire et là, c'est wow! », lance Pierre Tremblay, journaliste à la radio et à la télévision de Hong-Kong.

Pour ceux qui sont en affaires, l'avenir est radieux… à condition de percer le marché gigantesque de la Chine.

 

 

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L'émission Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche à 20 h ainsi que le lundi à 1 h.

 

POUR VISIONNER
LE REPORTAGE

Première partie
Deuxième partie

images : MICHEL KINKEAD
son : DANIEL LAPOINTE
montage : HÉLÈNE LAMOTHE

Histoire de
Hong-Kong

Les Chinois sont les premiers habitants de la région de Hong-Kong au deuxième millénaire avant J.-C. Jusqu'à l'arrivée des Britanniques, la région abrite une petite communauté de pêcheurs et constitue un refuge pour les pirates et les trafiquants d'opium.

Juin 1840 : Début de la première guerre de l'opium entre la Grande-Bretagne et la Chine, déclenchée pour défendre les intérêts des commerçants anglais.

20 janvier 1841 : Convention de Chuanbi, qui prévoit la cession de l'île de la « rade parfumée » (c'est ce que signifie « heung gong » en cantonais) à perpétuité à la Grande Bretagne.

Juin 1898 : Les Nouveaux Territoires, qui comprennent la région s'étendant du nord de Kowloon à la rivière de Shenzen, ainsi que 235 îles, font l'objet d'un bail de 99 ans imposé à la Chine. Ce bail expire le 30 juin 1997 à minuit.

1912 : Formation de la République chinoise. Hong-Kong devient l'asile des exilés politiques de la Chine continentale.

1950-1960 : Le gouvernement de Hong-Kong libéralise le système fiscal, ce qui attire les investisseurs étrangers. Le boom économique qui en résulte fait de Hong-Kong la zone la plus riche et la plus productive d'Asie. Mais la politique des bas salaires, favorable dans un premier temps à la prospérité, provoque un mécontentement social. De violentes émeutes éclatent en 1967 et menacent la stabilité politique de la colonie. Le gouvernement y répond en légiférant sur les conditions de travail et la qualité de vie des travailleurs. Dès 1970, la stabilité règne de nouveau.

15 juin 1982 : Deng Xiaoping déclare que la Chine veut retrouver sa souveraineté sur Hong-Kong en 1997.

19 décembre 1984 : Accord sino-britannique, signé par Margaret Tatcher et Deng Xiaoping, sur la rétrocession. Selon l'accord, le 1er juillet 1997, Hong-Kong redeviendra territoire chinois, avec un statut spécial. Le plan de la rétrocession est fondé sur le concept « un pays, deux systèmes » et prévoit le maintien, en principe pendant 50 ans, du système économique de Hong-Kong, la représentation politique au sein du conseil législatif, le maintien du système judiciaire, la liberté d'entrer et de sortir du territoire.

16 février 1990 : Adoption par l'Assemblée nationale populaire chinoise de la Loi fondamentale. Elle précise que la future « région administrative spéciale » conservera sa monnaie, son budget, ses réserves financières, son administration, sa police ainsi que son système judiciaire, et qu'elle sera dirigée par un gouverneur, sorte de premier ministre, citoyen chinois de plus de 40 ans, résidant à Hong-Kong depuis au moins 20 ans et ne détenant pas de passeport étranger.

1er juillet 1997 : Rétrocession de Hong-Kong à la Chine.

POUR EN SAVOIR PLUS

Discover Hong Kong
Site en anglais

Hong-Kong
Site du ministère de l'Information - en anglais