|
On
veut se souvenir
« L'arbre,
en tombant, fait beaucoup de bruit.
Mais on n'entend pas la forêt qui repousse. »
- proverbe africain -
« Il
faisait beau cette journée là, c'était le 13
octobre, puis moi je me préparais à aller ramasser
des feuilles avec les enfants », raconte la fille d'un
couple décédé dans l'accident. Lorsqu'elle
a appris que l'autobus qui était tombé dans le ravin
était bien celle qui devait conduire ses parents à
l'Île-aux-Coudres, elle n'arrivait pas à y croire.
« Je disais : c'est impossible, ça se peut pas,
mes parents étaient dedans
les parents d'Alain (son
conjoint) étaient dedans
» Mais il s'agissait
bien de cet autobus. Du coup, ses enfants ont perdu leur quatre
grands-parents.
|
Rapport
du coroner Luc Malouin
La
fin de semaine de l'Action de Grâces, un autocar de
la compagnie Mercier transportait 47 membres d'un club de
l'âge d'or de la localité de Saint-Bernard vers
l'Île-aux-Coudres pour une célébration.
Mais arrivée à la pente extrêmement abrupte
qui mène aux Éboulements, à Saint-Joseph-de-la-Rive,
les freins, défectueux, n'ont pas réagi. L'autocar
a défoncé le garde-fou et s'est échoué
sur le côté dans un précipice profond
d'une dizaine de mètres. Seuls quatre personnes ont
survécu.
Plus
d'un an après la tragédie, le coroner Luc Malouin,
chargé de l'affaire, a proposé quatre recommandations
pour qu'un tel événement ne se produise plus.
D'abord, il suggère que le contrôle routier soit
transféré de la SAAQ à la Sûreté
du Québec. Ensuite, il demande que le ministère
des Transports soit directement responsable de toute la législation
touchant les véhicules lourds, notamment en ce qui
concerne les règles sur les heures de conduite et sur
les normes de sécurité des véhicules
routiers. Il recommande aussi d'allouer des budgets supplémentaires
à la Commission des transports pour qu'elle puisse
engager le personnel requis pour une application rigoureuse
des lois. Et finalement, il demande au chauffeur d'utiliser
leur frein moteur pour les véhicules lourds lorsqu'ils
empruntent des côtes à risque.
Le
coroner a aussi mentionné l'intérêt de
poursuivre les études sur le port de la ceinture de
sécurité dans les autobus, un sujet toujours
peu populaire.
|
«
Jean-Marie (une des victimes) fréquentait la servante
du curé. Il était tout transformé par cette
rencontre. Je voyais tous les jours passer sa voiture devant ma
porte et tourner dans la rue en face pour voir son amie Irène.
Tout semblait bonheur. Ils sont maintenant réunis dans l'éternité
», partage une citoyenne de St-Bernard, avec une pointe de
tristesse. Malgré tout, la tristesse fait partie de plus
en plus du passé et les villageois regardent vers l'avenir.
Toutefois,
même si la vie reprend à St-Bernard, que les repas
à la cabane à sucre et les parties de pêches
ont repris leur entrain d'avant la tragédie, son histoire
reste marquée. Et les gens du village n'ont pas l'intention
de tout faire pour oublier ce qui s'est passé. Au contraire,
ils veulent transmettre l'héritage spirituel des disparus
à leur jeune génération.
«
Ce sont des personnes qui sont parties en voyage. Moi je le prends
comme ça. Sont encore en voyage! (
) On continue
sont pas là, mais ils sont là! », s'encouragent
un groupe de pêcheurs. Des cinq couples qu'ils étaient
avant la tragédie, trois étaient malheureusement à
bord de l'autobus.
|
VOUS
AVEZ MANQUÉ UNE ÉMISSION ?
Toutes
les émissions de la saison régulière
sont archivées pour vous permettre de regarder un reportage
que vous auriez manqué
ou aimeriez revoir.*
Consultez
la rubrique Reportages récents.
*
En raison des droits d'auteurs, les reportages achetés
ne sont pas archivés.
|

|
|
En
raison des droits d'auteur, ce reportage ne sera pas disponible
sur Internet.
images
: YOAN CART ET MICHEL LAMOTHE
son
: CLAUDE HAMEL
montage : PATRICIA VERGEYLEN-TASSINARI
|
|
PROFIL
SOCIO-ÉCONOMIQUE DE SAINT-BERNARD
L'économie
est essentiellement axée sur l'élevage et sur
la production laitière. Près de 99 % de la superficie
du village, qui est de 8936 km2, est rural. La rivière
Chaudière, au nord-est de la localité, permet
le dévelop-pement d'activités récréo-touristiques.
Quelque
2 060 personnes habitent à Saint-Bernard et de ce nombre,
presque le tiers ont moins de 18 ans.
(source
: Municipalité de la Nouvelle-Beauce )
|
L'émission
Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada
le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion
sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche
à 13 h et à 20 h ainsi que le lundi à
1 h.
|