Une promenade dans la campagne anglaise

Photo: AFP/Alberto Pizzoli
L'équipe canadienne de hockey luge
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12 mars 2006 - Samedi matin au stade Esposizioni de Turin, c'était le premier match du Canada dans le tournoi de hockey sur luge. Pas trop d'inquiétude, c'était contre la Grande-Bretagne qui n'est pas une puissance... Même si les auteurs des notes d'avant-match, bons princes, parlaient d'une équipe en remontée qui s'était permis de battre la Suède récemment!
Jeffrey Snyder, l'entraîneur de l'équipe canadienne, nous donne gentiment la permission de tourner dans le vestiaire peu avant le match...
Cameraman et preneur de son marchent sur la pointe des pieds. Il faut se faire oublier, mais nous pouvons entendre les joueurs se faire leurs dernières recommandations. Il y a de la tension: « Il ne faut pas les prendre à la légère, ne pas tomber dans le piège... » La crainte est le début de la sagesse, dit-on!
Résultat: Canada 9 - Grande Bretagne 0, une petite balade dans la campagne anglaise, my friend!
Toutefois, la feuille de pointage ne raconte pas tout. Le meilleur compteur du match, Bradley Bowden, attendait cet instant depuis longtemps. Il a presque perdu un pouce avant les Jeux de Salt Lake City, coupé par la lame d'une luge norvégienne. Une fois remis, il a participé aux Jeux paralympiques d'Athènes. Il a alors remporté la médaille d'or au basketball en fauteuil roulant avec l'équipe canadienne.
Samedi, il a joué comme s'il était déjà en finale. Son vieil ami Billy Bridges et lui ont marqué sept des neuf buts du Canada. Billy avait marqué le premier but du Canada à Salt Lake City, c'est encore lui qui a ouvert le bal cette année!
Une balade dans le Piémont cette fois!
Dans une victoire de 12-0 contre l'Italie, dimanche, Billy Bridges a ajouté cinq buts à sa fiche. Il en compte maintenant huit. Grâce à ce gain, le Canada est assuré de participer à la demi-finale. Il ne peut terminer plus bas qu'au quatrième rang, soit son classement à Salt Lake City et aux derniers Championnats du monde en 2004.
Le Canada devait marquer plus de buts que la Norvège, puisqu'il s'agit du premier facteur de départage en cas d'égalité. Il en a 21 contre 18 pour la Norvège.
La première médaille d'or en hockey sur luge va au public turinois! La salle comble de plus de 4000 spectateurs, qui sont restés jusqu'à la fin malgré la déroute des Azzuris, a salué chaque sortie de zone des leurs, chaque lancer sur le gardien adverse et même les dégagements.
Dimanche, 12 000 spectateurs ont assisté à l'un ou l'autre des quatre matchs présentés à l'Esposizioni.
Du hockey au ski nordique
Nous avons fait une visite à Pragelato, jeudi dernier. C'est le site des compétitions de ski nordique, tout près de Sestrières où se trouve la piste de ski alpin.
Là-bas, nous avons revu avec plaisir Jean-Thomas Boily, d'Orford, et Brian McKeever, de Canmore, en Alberta. Nous avons aussi fait la connaissance de Jimmy Pelletier, de Val-Bélair. Mais il n'oubliera jamais Baie-Comeau, sa ville natale!
Les deux Québécois pratiquent le ski de fond assis. Quant à l'Albertain, il souffre d'un handicap visuel et skie debout guidé par son frère Robin.
Jean-Thomas faisait du ski acro. Il était un copain et un émule de Nicolas Fontaine. Depuis son accident en 1988, il s'est tourné vers les courses en fauteuil roulant. Puis, il a adopté le ski de fond sur luge. Son truc à lui, ce sont les sports d'hiver. Jean-Thomas a tout fait pour se qualifier pour Salt Lake City, mais a terminé tout près du but. Cette année, ça y est!
Jean-Thomas a terminé 27e au 5 km, la première course, dimanche.Jimmy a pris le 29e et dernier rang. Ce n'est pas grave. Jimmy s'est qualifié tout juste avant les Jeux. Il est encore surpris d'être ici. Il visait plutôt les Jeux de 2010 à Vancouver.
Et puis il y a Brian McKeever, deux médailles d'or et une d'argent à Salt Lake City en 2002. Il nous raconte qu'en début de saison il se sentait faible à l'entraînement. Ce n'était pas de l'anémie, mais il avait les jambes molles, disons.
Les médecins ont vite détecté que la formule sanguine n'allait pas. Si McKeever n'avait pas été un athlète, un traitement à l'EPO aurait vite réglé le problème. Alors, il a fallu que son organisme crée sa propre érythropoïétine... Comment? Quatre heures de ski de fond sans boire une goutte de liquide, attendre une heure ou deux et enfin se réhydrater. Vous imaginez le martyre! Enfin, l'usine à globule s'est remise en marche et Brian aussi.
Il a remporté sa première médaille d'or, dimanche, après avoir changé de ski à la dernière minute, tout comme son frère Robin qui lui sert de guide et qui l'a aussi protégé du vent qui soufflait là-haut à Pragelato.