1 GER 11 12 6 29
2 USA 9 9 7 25
3 AUT 9 7 7 23
5 CAN 7 10 7 24

Jean-Luc Brassard

Une soirée grandiose

Manon Gilbert

Des Jeux boudés...

Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Turin 13:50 • 26 °C

En direct de Turin

Manon Gilbert

Journaliste pour le site des Sports de Radio-Canada.ca, Manon Gilbert se passionne depuis longtemps pour les sports d'hiver. À Turin, elle suivra à l'intention des internautes tout ce qui entoure les Jeux.

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Des Jeux boudés...

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Photo: AFP/Philippe Lopez

Cette Japonaise se sent bien seule dans les estrades de Turin.

26 février 2006 - Des années passées à préparer cette folle quinzaine et voilà que les 20es Jeux olympiques d'hiver tirent à leur fin. Peut-être seront-ils déjà terminés quand vous lirez ces lignes.

J'avais hâte de vivre mon véritable baptême olympique après tous ces Jeux vécus à distance, par l'intermédiaire d'un écran de 20 pouces, de ressentir l'effervescence dégagée par pareil événement. Honnêtement, je vous avoue, j'ai été déçue. Passablement même.

Je m'attendais à une grande fête où tout Turin et l'Italie célébreraient le courage, le dépassement, l'effort des athlètes, la quintessence même du sport.

La fête n'a pas eu lieu. La ville a à peine vibré au rythme des Jeux. Seulement quelques petits soubresauts ici et là. Très loin de la fièvre attendue.

Une fois que Jacques Rogge aura passé le flambeau au maire de Vancouver lors de la cérémonie de clôture, Turin se réveillera lundi matin, pratiquement comme si les deux dernières semaines n'avaient jamais eu lieu.

En fait, les Jeux s'apparentaient davantage à plusieurs coupes du monde dispersées entre Turin et ses lointaines villes partenaires dans les Alpes italiennes. C'est comme s'il y avait deux Jeux en un. Pris d'assaut par les touristes, les petits villages pittoresques de montagne, habitués à une tranquillité presque monastique, ont sauté à deux pieds dans la fête, profitant de cette manne.

Malheureusement, cette atmosphère euphorique n'a jamais transcendé au-delà des limites alpines.

Les Italiens ont boudé leurs Jeux. À Turin, les amphithéâtres de patinage de vitesse longue piste et courte piste, de patinage artistique et de hockey (surtout féminin) comptaient souvent près de la moitié de sièges vides.

Dommage pour les athlètes. Ils méritaient mieux. Plusieurs ont d'ailleurs déploré ce manque d'ambiance et de spectateurs, souvent en deçà de ce qu'ils vivent en coupe du monde. Un lien direct avec tous ces longs kilomètres séparant la ville des montagnes.

Nos trois étoiles

Justement, en raison des distances, il aura bien fallu être aux Jeux pour ne rien voir ou si peu. Difficile d'assister à plus d'une épreuve par jour quand on se farcit trois heures d'autobus pour arriver à bon port et trois autres pour revenir au point de départ.

Néanmoins, j'ai essayé de maximiser mon aventure olympique pour découvrir de nouveaux sports et vous les faire découvrir, même si après une semaine, je commençais à avoir le mal des transports. Seulement la luge, le biathlon et le combiné nordique m'ont échappé. Pas pire moyenne quand même.

Cependant, les performances fantastiques des athlètes m'ont vite fait oublier ces interminables heures d'autobus.

Plusieurs d'entre vous m'ont demandé quel avait été mon moment fort des Jeux, mon événement marquant?

Difficile d'en choisir qu'un seul après deux semaines. J'y vais donc de mes trois étoiles comme au hockey. La troisième à Stefan Read et toute l'équipe de saut à skis pour leur courage et leur persévérance, la deuxième à Chandra Crawford, la plus belle surprise des Jeux, et la première, ex æquo, à Jennifer Heil, non pas pour la première médaille du Canada à Turin, mais pour sa détermination, sa force de caractère et sa discipline, à Clara Hughes pour l'ensemble de sa carrière et sa personnalité et à Cindy Klassen pour son exploit.

À l'instar de ces ex-athlètes devenus des collègues analystes, j'espère seulement que les Jeux olympiques, et qui sait peut-être la tribune qu'a été cette chronique, donneront aux jeunes le goût du sport, le goût de repousser leurs limites.

Pour conclure, je reprends les propos que Jacques Tremblay a tenus à son fils François-Louis avant son départ pour Turin: merci de nous avoir donné la chance de vivre un aussi beau moment.

Arrivederci Torino. Welcome-bienvenue Vancouver!

 

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