Artiste de la neige
Nicolas Fontaine devant son oeuvre, avec l'entraîneur canadien Dmitriy Kavunov
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La première semaine, il voyait ses tremplins fondre à vue d'oeil. Cette portion d'hiver trop chaud qui sévissait au début des Jeux compliquait énormément sa tâche. Par la suite, des épisodes de neige, de brume et même de pluie sont venus ajouter à la difficulté d'offrir le site de saut idéal à tous ces compétiteurs olympiques.
Nicolas Fontaine était le grand architecte de ce lieu religieusement entretenu. Son expérience d'athlète, ainsi que celle de « shaper », c'est-à-dire celui qui donne la courbure requise au tremplin pour que l'expulsion soit parfaite, le désignaient à ce poste.
Des sites de saut, il en a construit avec ses anciens coéquipiers. Pour des spectacles de ski, des coupes du monde et maintenant pour les Jeux. Ce qui est saisissant, c'est de constater à quel point les athlètes en compétition travaillent à l'érection de ces immenses tremplins de 4,15 mètres, soit plus de 13 pieds, qui les catapultent à près de 40 pieds dans les airs.
Il ne peut en être autrement, car les compétiteurs remettent en quelque sorte leur santé aux coups de pelle de ces artistes de la neige que sont les coéquipiers et adversaires.
Vous avez déjà vu l'équipe canadienne de hockey faire la glace, tracer les lignes ou placer les buts?
Nico est également un excellent maître de piste. Ses subordonnés ont beaucoup apprécié être sous sa gouverne, l'observant travailler au même titre qu'eux, avec sa pelle aiguisée qui l'accompagne partout dans son sac à ski.
Parmi ses autres outils de travail, on remarque le niveau, le rapporteur d'angles et le râteau. Et pour accélérer la touche finale que les athlètes donnent aux sauts avant le tout début des premiers entraînements, il leur a fait un cadeau en donnant une courbure sommaire aux tremplins, ce qui a beaucoup allégé le boulot requis avant l'ouverture officielle du site.
Cinq semaines en Italie, loin de sa jeune famille: il avait comme objectif d'avoir le plus beau site possible pour une grande finale olympique. Le défi a été relevé de brillante manière et salué par tous les compétiteurs internationaux.
Deux petits bémols... L'as sauteur a oublié de mettre de la crème solaire, et il a perdu son pari avec l'auteur de ces lignes concernant les candidats au podium en bosses et en sauts. Battu à plate couture à part ça!
Le merveilleux monde des athlètes
J'ai cru comprendre que vous aimez bien les petites explications sur ce qu'on ne voit jamais! Aujourd'hui je vous parle du labyrinthe journalistique.Je vais prendre l'exemple de Jennifer Heil, que vous connaissez maintenant. Quelques minutes après l'annonce de sa victoire, elle est affublée du fameux chaperon qui ne la quittera pas d'une semelle jusqu'au terme de son test antidopage.
Ensuite, dans l'aire d'arrivée, le responsable de la Fédération internationale de ski guide les trois premières dans un drôle de bal qui les conduit d'abord devant les photographes gentiment rassemblés sur le côté de la piste, puis derrière le podium pour la remise des fleurs. Ce podium existe pour promouvoir les commanditaires de ski.
À la sortie de cette présentation, l'attaché de presse de l'équipe canadienne la conduit à l'entrée d'un long corridor délimité par des clôtures à neige où elle répond d'abord aux questions du réseau américain NBC (qui paie au CIO des sommes ridicules pour les droits télévisés). Puis, c'est au tour de la télé canadienne, puisque c'est son pays, et elle commence par la CBC, car elle est anglophone. L'inverse pour un athlète francophone.
Elle continue par la suite à « descendre » le corridor, tirée par l'attaché de presse, donnant une nouvelle entrevue tous les trois pieds aux différentes chaînes de télé internationales.
Les journalistes radio suivent. Cette fois-ci, elle s'adresse à un mur d'enregistreuses tenues par autant de bras tendus, et elle termine avec la presse écrite, où les journalistes sont empilés les uns par-dessus les autres pour gribouiller quelques notes.
À peine a-t-elle le temps de reprendre son souffle, qu'elle est conduite vers une grande tente, où la conférence de presse va se dérouler! Ensuite, c'est le test antidopage, où ça prend le temps qu'il faut pour avoir envie, au grand dam de la CBC qui appelle sans cesse pour demander si elle a fini, de manière à l'avoir en studio, à 40 minutes de route dans les studios de montagne.
En chemin, elle mange un sandwich - si quelqu'un a eu l'idée de lui en apporter un - sinon elle se demande quand elle va avoir la chance d'enlever ses bottes de ski! Une fois l'entrevue terminée, elle appelle ses amies, et le chauffeur ramène tout ce beau monde vers le village des athlètes de Bardonecchia, à une heure de route.
Et quand Jennifer a tiré les couvertures de son lit, elle s'est demandé si tout ça était bien réel!
Magasinage
Imaginez-vous donc que j'ai croisé Amber Peterson, cette charmante « sauteuse » canadienne originaire de Thunder Bay. Nous étions dans le même autobus. Elle avait à la main un sac identifié aux Jeux. Je me suis dit: « Ça y est, elle a finalement trouvé la boutique de souvenirs! »
Mais non, c'est du chocolat qu'elle avait acheté. De plus, elle m'a dit qu'il n'y avait plus de souvenir, même à Turin.
« Tu vas être à Vancouver en 2010? », que j'ai demandé. Ses yeux sont devenus gros et pétillants.
Nico, je te confirme que je la prends dans mon pool et, un conseil pour Vancouver, amène ta femme et tes marmots là- bas, c'est joli. Et n'oublie pas ta crème solaire.
Pierre et Michel, désolé pour votre liste d'épicerie olympique, je crois qu'ils sont en rupture de marchandise généralisée. Par contre avec votre sens des affaires, obtenez donc les droits sur une boutique de marchandise olympique pour 2010. Vous serez à même de vous servir. Et puis, Mada et Valentina m'ont confirmé qu'elles désiraient être de la fête!