1 GER 11 12 6 29
2 USA 9 9 7 25
3 AUT 9 7 7 23
5 CAN 7 10 7 24

Jean-Luc Brassard

Une soirée grandiose

Manon Gilbert

Des Jeux boudés...

Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Turin 13:50 • 26 °C

En direct de Turin

Manon Gilbert

Journaliste pour le site des Sports de Radio-Canada.ca, Manon Gilbert se passionne depuis longtemps pour les sports d'hiver. À Turin, elle suivra à l'intention des internautes tout ce qui entoure les Jeux.

Écrivez-moi!

Profession: parent d'athlète

Fédéric et Serge Bilodeau

Photo: Manon Gilbert

Frédéric et Serge Bilodeau (frère et père d'Alex)

23 février - Pendant des années, à raison de trois, quatre, cinq fois par semaine, ils les ont conduits à l'aréna ou à la station de ski.

Ils ont passé des week-ends dans les gradins ou au bas des pentes, suivant attentivement leurs progrès.

Aujourd'hui, ils assistent aux Jeux olympiques. Ils n'auraient jamais cru que tout ce dévouement les mènerait aussi loin.

On parle bien sûr des parents des athlètes. Ils sont nombreux, ici. Pour tout l'or du monde, ils n'auraient jamais voulu être ailleurs.

Pourtant, ils sont si près, mais si loin en même temps. Peu ou pas du tout de contact avec leur progéniture jusqu'à ce que leurs courses soient terminées.

Après des milliers de kilomètres, ils sont encore plus impuissants qu'à l'aréna du coin. Rien pour faire diminuer le stress.

À chacun ses papillons

Parce que, détrompez-vous, si vous pensez qu'il n'y a que les athlètes qui ont des papillons dans le ventre avant une course. En fait, on constate que papa et maman sont souvent beaucoup plus fébriles.

Pourquoi? Ils ne courent pourtant aucun risque. « Parce que nous n'avons pas le contrôle », m'explique Serge Bilodeau, le père du bosseur Alexandre.

Soit, mais avec le temps, ça doit diminuer un peu? Alexandre est en pleine possession de ses moyens quand il dévale une piste. Lui-même avoue ne ressentir qu'une légère, mais bonne nervosité avant une course.

Ben non, il paraît que c'est pire quand le niveau de compétition augmente! Après dix jours de sélections olympiques en patinage de vitesse sur courte piste en septembre dernier, les parents d'Éric Bédard et de François-Louis Tremblay étaient aussi épuisés que leurs fils. À Turin, ils s'attendent à vivre un pire cauchemar. Ils savent tous les efforts que leurs fils ont investis pour en arriver là. Et juste pour ça, ils sont anxieux.

Assis sur le bout de son siège, M. Bédard essaie tant bien que mal de contenir sa nervosité. À ses côtés, sa femme Claire n'est guère mieux, elle claque des genoux. Dans les derniers mètres, les Bédard se lèvent d'un coup pour pousser avec Éric. C'est la seule chose qu'ils peuvent faire: l'encourager.

Pour les Bilodeau, eh bien, les médias n'ont rien fait pour aider leur cause en accrochant déjà une médaille au cou de fiston le jour de sa sélection, à Lake Placid. Sa mère Sylvie n'est même plus capable de regarder les entraînements, Alex en fait trop avec ses gros sauts, même sur la trampoline, c'est intenable.

Quand Alexandre a gagné le Championnat canadien l'an dernier au mont Gabriel, elle faisait dos à la pente, suivant la course sur le visage de son mari. Elle se fiait à son expression qui lui dictait l'allure des choses.

Plus sereine et plus calme que les autres parents rencontrés, Jacinthe Jodoin, la mère de Geneviève Simard, fait confiance au jugement et à la forme physique de sa fille ainsi qu'à la sécurité en piste. Mais incapable de regarder une chute, avoue-t-elle. Elle y va aussi d'une petite prière avant la course, juste au cas où.

Et puis quand elle voit le nom de sa Geneviève sur le tableau indicateur, l'émotion l'envahit, à un point tel qu'elle peine à refouler ses larmes.

Il paraît qu'il faut être parents pour comprendre. Probablement. Mais on doit avouer qu'on a parfois l'estomac noué quand on les voit à l'oeuvre. On veut tellement les voir réussir... parce qu'on les aime bien, nous aussi.

À bientôt.

 

Chroniques précédentes  Album de photos

Haut de page

© Société Radio-Canada. Tous droits réservés.