La médaille de Chandra... et de Beckie

Photo: AFP/Johannes Simon
Les médaillés Chandra Crawford, Claudia Kuenzel et alena Sidko
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On attendait Beckie... on a eu droit à Chandra. De toutes les médailles gagnées par le Canada à ces Jeux, c'est la plus inattendue. Personne ne l'avait vue venir, celle-là. Complètement sortie de nulle part.
Une course en matinée. Une surprenante huitième place en qualifications. Deux heures de repos avant la phase finale. La petite fondeuse de Canmore allait-elle pouvoir maintenir le même rythme pendant trois courses successives (quarts, demi et finale)?
On connaît maintenant la réponse. Elle les a toutes bouffées, les unes après les autres. Nullement impressionnée de se retrouver dans cette position. Tout simplement en feu pour reprendre une expression fétiche du milieu sportif. C'était SA journée.
À 22 ans seulement, elle est devenue la reine du sprint. À sa première saison en Coupe du monde, après six courses! Dire qu'elle avait commencé sa carrière de skieuse en biathlon, sauf qu'elle tirait comme un pied.
Elle était belle à voir après la course avec son sourire contagieux et cette naïveté propre à la jeunesse. À ses côtés, Beckie Scott et Sara Renner partageaient son bonheur.
Dommage pour Beckie, même si elle a gagné l'argent au sprint par équipe avec Sara. On souhaitait un doublé canadien comme en skeleton. On aurait voulu qu'elle se retrouve au moins sur le podium pour entendre, cette fois, le Ô Canada aux Jeux olympiques.
Des médailles qui inspirent
Parce qu'une part de cette médaille d'or lui revient. En devenant la première athlète canadienne à remporter une médaille il y a quatre ans à Salt Lake City, Beckie est devenue une pionnière pour le ski de fond au pays.
Elle a ouvert les portes à toute une nouvelle génération de fondeurs. Elle a prouvé que le ski de fond n'était plus la chasse gardée des Russes, des Allemandes, des Norvégiennes et des Finlandaises. Il fallait désormais compter sur les Canadiennes.
Évidemment, Chandra se souvient très bien de cette médaille de bronze qui s'est transformée en or après la suspension des deux Russes pour dopage. Elle aussi s'est mise à y croire. Si Beckie avait réussi, d'autres Canadiennes pouvaient également rivaliser avec les meilleures. Une véritable source d'inspiration durant les quatre dernières années.
Partir en paix
Mais pour en arriver là, Beckie ne l'a pas eue facile. À 19 ans, personne ne croyait en elle après sa mononucléose. Et puis, elle a rencontré Les Parsons, son sauveur en quelque sorte. Sans rien demander en retour, sauf de la discipline et de la rigueur à l'entraînement, il l'a prise sous son aile. Ils skiaient dans un parc, guidés par leur lampe frontale, le soir après l'école. Avec peu de moyens, il a réussi l'impossible.
Depuis qu'elle a fait le saut dans l'équipe nationale, Beckie s'entraîne sous la gouverne de Dave Wood. Mais elle est toujours restée fidèle à Les. Elle l'emmène à ses frais à tous les Jeux olympiques parce qu'elle sait qu'elle lui doit une bonne part de ses succès.
Vous voyez, la médaille de Beckie, c'est un peu celle de Les, et puis celle de Chandra, c'est un peu celle de Beckie. Une véritable chaîne de succès.
Renner et Scott ne seront pas à Vancouver. À respectivement 29 et 31 ans, elles prendront peut-être leur retraite à la fin de la présente saison, sinon après la suivante. Sara et son conjoint, le skieur alpin Thomas Grandi, pensent à fonder bientôt une famille.
La médaille de Crawford ne pouvait survenir à meilleur moment. Sara et Beckie peuvent partir en paix. La relève est assurée.