1 GER 11 12 6 29
2 USA 9 9 7 25
3 AUT 9 7 7 23
5 CAN 7 10 7 24

Jean-Luc Brassard

Une soirée grandiose

Manon Gilbert

Des Jeux boudés...

Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Turin 13:50 • 26 °C

En direct de Turin

Jean-Luc Brassard

Champion du monde en 1993, Jean-Luc Brassard a décroché l’or en ski acrobatique (bosses) aux Jeux de Lillehammer, en 1994. À Turin, il commentera les compétitions de ski acrobatique à la télévision, en plus de rédiger une chronique web pour le plus grand plaisir des internautes.

Écrivez-moi!

Quand le ski tient à un fil

Lydia Ierodiaconou

Photo: AFP/Joe Klamar

22 février 2006 - J'avais misé sur les Australiennes en saut acrobatique, j'ai eu à moitié raison.

Jacqui Cooper est première des qualifications avec un nouveau record de points, et Alisa Camplin termine dixième, malgré la pose, il y a trois mois et demi, d'un ligament croisé antérieur du genou.

Si vous êtes physiothérapeute, vous venez de relire trois fois le dernier paragraphe, et vous pensez que j'écris n'importe quoi, n'est-ce pas? Mais puisque vous n'êtes pas tous des spécialistes, je vous explique.

Le ligament croisé antérieur passe directement au centre du genou. Il n'est pas très long et il est légèrement plus gros qu'un fil d'ordinateur. Sa fonction est d'empêcher le tibia de bouger dans un axe avant-arrière. Aussi, il limite les mouvements de pivot, suffisamment pour ne pas abîmer cartilage, ménisque et autres tissus dans l'articulation.

Sans ce ligament, oubliez le sport... sauf le minigolf. Une fois sectionné, comme une corde qui traverse une pièce et qui est brisée, il y a environ une chance sur mille que les extrémités se touchent de nouveau et se maintiennent ensemble assez longtemps pour qu'elles se soudent.

L'opération est presque obligatoire. Pour remplacer ce ligament, vous pouvez prélever la section centrale du ligament rotulien au-dessus du tibia, prendre une partie des muscles ischiojambiers au côté supérieur arrière du genou, peut-être un ligament synthétique ou alors, et voilà le choix des Australiennes, vous choisissez le ligament d'un cadavre.

Peu importe votre préférence, penser faire du sport de haut niveau moins de six mois après l'opération représente un exploit qui frôle l'indécence. Camplin fait un atterrissage après un saut équivalant à deux étages avec, au genou, une intervention vieille de 14 semaines!

Sa coéquipière Lydia Ierodiaconou a, quant à elle, été opérée au genou il y a 6 mois et demi. Elle était troisième officieusement après le premier saut et filait vers une qualification facile. Au moment où son ski gauche a touché la neige après un double périlleux trois vrilles, elle a hurlé.

La médecine fait des petits miracles, mais il reste une logique à la réhabilitation humaine. Ce qu'on ne comprend pas, c'est que la plus vieille des deux opérations ait cédé en premier.

Cette jeune fille est une perle. Elle voulait être aux Jeux, elle y est courageusement allée. Malheureusement, pour l'arrêter, il a fallu que son ligament de cadavre rende l'âme.

Les Canadiennes

Je ne connais pas Amber Peterson, je suis trop vieux et elle, trop jeune! Elle a bien sauté, mais sans plus. Elle a vu les Olympiques, et si elle est chanceuse, a trouvé la boutique de souvenirs à Sauze d'Oulx... J'aimerais bien qu'elle me dise où est cette fameuse boutique. Je voudrais ramener quelques babioles à la maison, mais comme d'habitude, ça risque de se limiter à quelques cahiers explicatifs sur le transport intermunicipal et un masque pour dormir dans l'avion.

Il y a aussi Veronika Bauer qui est 5e des qualifications. Bravo! Elle a fait un double full-full puis un full-full. C'est joli, n'est-ce pas? Les jeunes disent que c'est « full cool »!

Et puis nous ne verrons pas Deidra Dionne en finale. Elle le savait, nous aussi. L'histoire est belle: elle se casse le cou en compétition estivale, fait une réhabilitation miracle et participe aux Jeux. Au début des entraînements, nous avons réalisé qu'elle était dans le même train que les autres filles, mais dans le wagon arrière.

Deidra est une dame, un statut qu'elle a obtenu sans le vouloir et qui commande le respect. Troisième à Salt Lake City il y a quatre ans, elle a cru que le podium l'inviterait de nouveau, et c'est tout à son honneur.

Ce soir, elle est triste de cette non-qualification, mais également plus légère. Dorénavant plus personne ne lui demandera comment elle va et si elle pourra aller aux Jeux. Ces Jeux étaient devenus une corvée.

Courrier du lecteur

J'aimerais vous remercier avant la fin de ces Jeux pour tous les commentaires que vous m'avez fait suivre par le biais du site de Radio-Canada. Honnêtement, j'en suis très surpris et très honoré. Je devine que vous avez des journées chargées, et le fait que vous preniez deux minutes pour m'écrire me fait doublement plaisir.

J'apprécie également vos précisions, comme celle de cet homme qui mentionne que les parcs à neige existaient pour les planchistes avant l'arrivée des sauts désaxés en ski. Vous avez bien raison!

Je dois aussi saluer M. Girard qui m'a fait voir rouge un moment, mais qui a bien expliqué sa pensée par la suite. Je vous lève ma tuque, M. Girard.

Ces Jeux sont une belle expérience pour moi. J'apprécie la chance que j'ai d'être ici, mais je découvre aussi la complexité des Jeux olympiques d'un point de vue journalistique.

Je désire saluer Sophie Allard et François Foisy, de La Presse et du Journal de Montréal qui sont mes voisins à la salle de presse. Leur professionnalisme et leur assiduité à vous faire suivre les nouvelles et anecdotes de ces Jeux sont déconcertants.

Ils commencent tôt le matin et terminent régulièrement aux petites heures de la nuit, allant régulièrement se coucher souvent sans manger. Sûrement est-ce le lot de tous les journalistes, mais comme je peux constater tout le boulot accompli par ces deux professionnels, je crois bon de le souligner, d'autant plus qu'ils couvrent des sports dits amateurs, ce qui personnellement, me fait bien plaisir.

Il faudrait bien que je potine dans une de ces chroniques. Il y a plein de potins dans l'air ici! De plus, c'est la fête de Valentina, aujourd'hui, vous savez, celle au beau sourire... Je vous en reparle!

À bientôt.

 

Chroniques précédentes  Album de photos

26 février

Une soirée grandiose

25 février

Artiste de la neige


23 février

La gamme des émotions



20 février

Il bordello

19 février

Ô villageois


17 février

Le match des étoiles!


15 février

Le duel


14 février

L'enfer

14 février

L'après-victoire



Haut de page

© Société Radio-Canada. Tous droits réservés.