1 GER 11 12 6 29
2 USA 9 9 7 25
3 AUT 9 7 7 23
5 CAN 7 10 7 24

Jean-Luc Brassard

Une soirée grandiose

Manon Gilbert

Des Jeux boudés...

Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Turin 13:50 • 26 °C

En direct de Turin

Marc Gagnon

Quadruple champion du monde et quintuple médaillé olympique en patinage de vitesse courte piste, Marc Gagnon commentera les compétitions de cette discipline pour la télévision à Turin. Il écrira aussi des chroniques pour les lecteurs de Radio-Canada.ca.

Écrivez-moi!

Du monde, du monde, enfin du monde!

La foule au centre-ville

Photo: AFP/Paco Serinelli

La foule au centre-ville

Pour ceux qui l'auraient deviné grâce aux images à la télé: les rues de Turin ne sont pas très bondées. J'en suis à mes 4es Jeux olympiques et, honnêtement, je n'ai jamais vu les rues aussi désertes. C'est peut-être parce les sites sont loin les uns des autres, mais quand même.

En fait, 90 % des personnes rencontrées sont des habitants du coin qui ne semblent même pas être au courant que les Jeux sont en cours. Et s'ils le sont, ils ne s'en préoccupent pas vraiment. Il ne faut pas trop compter sur les bénévoles qui travaillent aux Jeux pour vous donner des indications justes, même s'ils sont sympathiques. Il vaut mieux y aller avec une carte et son jugement. On y arrive probablement plus rapidement.

Je vous raconte cela au nom des gens qui m'ont raconté leur histoire. Pour ma part, je n'ai pas vécu d'histoires d'horreur. Je parle quand même bien l'italien et je ne me déplace qu'entre l'université, où je dors, et l'International Broadcast Center (IBC), d'où j'écris ces textes et me prépare pour les journées de compétition.

Je n'ai jamais eu à demander de renseignements, surtout qu'un autobus fait la navette d'un endroit à l'autre toutes les 20 minutes. Sinon, je n'ai qu'à marcher pendant 14 petites minutes pour me rendre au Palavela, où se déroulent les compétitions en courte piste.

Le soir, alors que nous pourrions nous attendre à des rues débordantes de gens prêts à faire la fête, on reste sur notre appétit. La plupart des personnes rencontrées sont de l'endroit. Pour s'amuser dans un bar ou un resto, vaut mieux être en compagnie d'un ou deux amis. Parce que les chances de croiser des gens sont minces. À moins qu'il soit 19 h 30 et que tous soient en train de souper.

Dimanche soir, en compagnie de deux bons amis, nous nous sommes butés à une porte fermée dans ce qui devait être l'endroit « in » de Turin. Ordinaire pour un bar soi-disant ouvert jusqu'à 5 h du matin.

Pour faire la fête à Turin, vous avez trois choix. La maison du Canada ou la BC House en bois rond, qui ferment leurs portes respectivement à 23 h et minuit, mais qui sont souvent remplies à pleine capacité. Vous pouvez aussi aller au XO Bar, qui accueille chaque soir le party officiel d'un pays différent, et que 90 % des gens quittent vers 2 h 15 du matin. La troisième option? Rejoindre mon ami Jean-Luc Brassard dans les montagnes. À lire ses chroniques, il semble y avoir passablement plus d'action là-bas!

Un samedi soir sur la Terre

Laissez-moi vous parler du samedi 18 février. Comme d'habitude, à minuit, je croyais qu'un petit voyage de seulement 20 minutes m'attendait pour retrouver mon lit. Mais après 35 minutes à rouler dans la superbe voie olympique (encore incomprise ou non respectée par la plupart des gens ici, malgré les anneaux olympiques et la ligne jaune très épaisse qui la délimite des autres voies), nous avons remarqué un trafic extraordinaire dans les voies adjacentes.

Croyez-moi, ce n'était pas comme à Montréal en pleine heure de pointe, le vendredi après-midi. Aux deux tiers de notre parcours, en plein centre-ville, il n'y a qu'une seule voie dans chaque direction. Finie la voie réservée. Après avoir avancé de la longueur de trois voitures en 10 minutes, nous avons décidé de finir le trajet à pied.

Quelle bonne idée ce fut! Après quelques instants dans la rue, il était très facile de comprendre pourquoi l'autobus n'avançait plus (et pourquoi nous avons failli passé la nuit à son bord). Des centaines de personnes se promenaient dans la rue entre les voitures immobiles.

Deux cents pieds plus loin, le comble.

Une rue perpendiculaire ressemblait à un torrent. Elle était pleine à craquer de gens qui se déplaçaient à grande vitesse vers un endroit inconnu. L'atmosphère était très entraînante avec du monde qui chantait, criait, sifflait, jouait de la trompette, etc. Une vraie ambiance de fête, quoi! Même à pied, il a été très difficile de traverser cette rue. Imaginez les voitures!

Pendant ces 20 minutes de marche pour nous rendre à l'université, nous avons croisé des milliers de gens en pleine euphorie dans les bars, les restos et dans les rues. De quoi ravir ceux qui aiment faire la fête jusqu'aux petites heures du matin.

Mais détrompez-vous!

Toutes ces personnes ne fêtaient pas les Jeux olympiques, mais bien la « notte bianca » (la nuit blanche), qui arrive seulement deux fois par année à Turin. Lors de cette fête, tous les bars et resto sont ouverts jusqu'à 5 h du matin. Quel dommage que ces gens ne soient pas aussi excités par les Jeux. Il y aurait toute une ambiance au centre-ville...

À bientôt.

 

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