1 GER 11 12 6 29
2 USA 9 9 7 25
3 AUT 9 7 7 23
5 CAN 7 10 7 24

Jean-Luc Brassard

Une soirée grandiose

Manon Gilbert

Des Jeux boudés...

Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Turin 13:50 • 26 °C

En direct de Turin

Marc Gagnon

Quadruple champion du monde et quintuple médaillé olympique en patinage de vitesse courte piste, Marc Gagnon commentera les compétitions de cette discipline pour la télévision à Turin. Il écrira aussi des chroniques pour les lecteurs de Radio-Canada.ca.

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Troublants, mes quatrièmes jeux...

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Photo: AFP/Filippo Monteforte

Construction du Village Olympique de Turin

24 février 2006 - Rien à voir avec la performance des athlètes, mais plutôt celle du comité organisateur à Turin. Je n'en suis pas à mes premiers Olympiques mais c'est la première fois que j'assiste à des Jeux où tout semble aussi difficile du point de vue logistique.

Avant de vous écrire ce petit texte, j'ai attendu d'entendre les histoires des autres pour voir si j'étais le seul à me rendre compte de toutes ces petites choses bizarres.

Je me disais également que les athlètes étaient peut-être plus gâtés, ce qui est normal. Mais après seulement quelques jours, j'ai finalement compris que le sentiment était généralisé. Et en fait, je n'ai pas été le premier à subir l'organisation défaillante des Turinois.

Mauvais départ

Tout a commencé avec les premiers employés de Radio-Canada arrivés le 23 janvier. Leur mission? Préparer les salles de travail pour les journalistes et tout le reste. Ils ont dû attendre jusqu'au 2 février pour prendre possession de leur petite chambre à l'université.

Le bâtiment neuf n'était pas encore prêt. Douches à l'eau froide, absence de rideaux aux fenêtres (beau spectacle pour les gens dehors!), etc. Et à regarder ce bâtiment aujourd'hui, il faut croire qu'il ne le sera pas encore le jour de notre départ...

Au deuxième jour, on m'a livré à la chambre un couvre-lit. Je croyais sincèrement que j'étais le seul à ne pas en avoir. Mais la joie que les couvertures ont créée m'a fait comprendre que l'oubli avait été fait dans tous les lits.

Pour ce qui est de la chambre, espérons que Radio-Canada n'a pas payé trop cher pour celle-ci. Elle est d'environ 9 pieds par 11, avec des murs complètement blancs sans aucune décoration, sauf l'armoire qui sert à la fois de garde-robe et de rangement pour le linge. Assez monotone comme environnement.

Et que dire du téléviseur 13 pouces défectueux à mon arrivée. Mon téléviseur-oreilles-de-lapin à la maison est beaucoup plus efficace! Bonne nouvelle, par contre! Nous avons le « feed » direct d'à peu près 25 caméras qui se trouvent sur les sites de compétition... Bien sûr, quand les « ci-module » fonctionnent. J'ignore exactement ce que sont les « ci-module » mais je peux par contre vous dire qu'ils sont très souvent en mode de réinitialisation. Donc pas d'image.

C'est sans parler de l'insonorisation inexistante des chambres et des portes qui se ferment automatiquement et avec fracas. En gros, quelqu'un qui oublie de la retenir réveille l'étage au complet.

Pour la nourriture, le « big boss » a dû se fâcher. Après plusieurs jours ici, il n'y avait toujours pas de repas chauds après 22 h 30. Et comme le contrat de location des chambres stipulait qu'on devait en avoir 24 h sur 24, il était bien normal de s'attendre à en avoir. Si personne n'avait rien dit, allez savoir où nous en serions.

Et l'Internet? Impossible de s'y brancher de notre chambre. Jusque-là, ça peut aller, d'autant plus qu'il y a une salle dans une autre bâtisse spécialement appelée « Media center ». Tour à tour, nous y sommes allés pour réaliser que des connexions à haute vitesse, oubliez ça, il n'y en a pas.

Un peu étrange pour un village des médias où plein de monde doit envoyer des données partout à travers le monde le plus rapidement possible. Alors, connexion par téléphone normal à basse vitesse? Oui, oui, mais avec l'obligation d'acheter une carte pour utiliser ce système et l'interdiction d'utiliser son compte personnel, comme AOL par exemple, pour se brancher n'importe où. Résultat? Chaque fois que je suis passé par là, et que par curiosité je regardais dans la salle, il n'y avait personne.

N'oublions pas aussi ces sympathiques femmes et hommes de chambre qui, sans préavis, entraient dans les chambres au début des Jeux. Bien sûr: il y a eu une directive de cogner trois coups rapides avant d'insérer la clé dans la serrure sans trop attendre de réponse. Mais les affiches « Ne pas déranger » ou « Do not disturb », ils ne semblent pas en mesure de les déchiffrer.

Un vrai nettoyage à sec

Mais la cerise sur le sundae, pour moi, est survenue mardi matin, quand je suis allé chercher mon lavage laissé à la réception vendredi matin.

Dix t-shirts, 7 paires de bas, 2 jeans et un short, voilà ce que j'ai fait laver. Premièrement, sachez qu'ils étiquettent chaque morceau de linge avec un numéro broché comme chez le nettoyeur. Donc, 14 petites broches à retirer seulement sur mes bas. Il ne faut surtout pas tirer au risque de les déchirer... Si ce n'était que ça...

Les bras me sont tombés quand j'ai vu la facture. 73 euros pour ce lavage qui représente, selon moi, une brassée moyenne dans votre propre laveuse. Pour votre information, cette somme équivaut à environ 125 dollars. Wow! Je veux bien que les gens s'enrichissent un peu avec les Jeux, mais là...

En terminant, n'allez pas croire que je sois malheureux ici. Je voulais simplement vous faire rire un peu avec notre quotidien à Turin. Mais j'ai du mal à voir comment le comité organisateur pourra recevoir des éloges pour l'organisation de ces jeux. Règle générale, on est aussi fort que le plus faible de nos atouts. Mais bon, on ne peut pas être bon dans tout! Les Italiens sont quand même très forts en mode!!

À bientôt.

 

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