Une entraîneuse perspicace

Photo: AFP/Filippo Monteforte
La Suédoise, Nanna Jansson
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20 février 2006 - Les Canadiennes s'attendaient à affronter les Américaines pour une troisième fois en finale du tournoi olympique. Normal. Depuis 1990, toutes les finales de Championnat du monde ont opposé les deux puissances.
Sauf que cette fois-ci, les Canadiennes se frotteront plutôt aux Suédoises qui, contre toute attente, ont vaincu les Américaines en fusillade.
Personne n'avait prédit ce scénario. Pas tout à fait vrai.
Melody Davidson, l'entraîneuse en chef de la formation féminine, n'est pas si surprise que ça. Elle avait vu venir le train. La preuve: depuis le début du camp d'entraînement, mais surtout depuis six semaines, elle prépare sa troupe pour trois équipes, soit les États-Unis, la Suède et la Finlande.
Pas question de mettre l'accent plus sur l'une que sur l'autre. Pour elle, la Suède et la Finlande n'étaient que des bombes à retardement. À n'importe quel moment, ces équipes pouvaient élever leur jeu d'un cran et passer à un niveau supérieur.
C'est arrivé vendredi dernier. Appelez ça de l'intuition féminine, de la perspicacité ou de l'expérience. Bref, le résultat est le même.
Soit, mais lors du tournoi rotation, Danielle Goyette et sa bande ont écrasé la Suède 8-1.
Une formalité donc cette finale?
Pas vraiment. Lors de ce match, les jaunes et bleues n'avaient pas sorti leur carte cachée, la gardienne Kim Martin, grande responsable de la victoire suédoise en demi-finales.
D'ailleurs, Davidson admire la jeune gardienne de 19 ans (elle en aura 20 dans 8 jours) depuis 4-5 ans. Une fille pleine de potentiel qui devrait donner des ailes à la Suède au cours des prochaines années. Il ne faut donc pas s'attendre à la voir offrir de cadeaux aux Canadiennes, d'autant plus que les Suédoises vont être gonflées à bloc après leur exploit.
Le système Lemaire
Malgré cette victoire inusitée, Davidson n'a changé en rien la préparation des siennes. Lundi, les filles se sont entraînées sur glace une trentaine de minutes, travaillant notamment les 3 contre 2, les 2 contre 1 et les mises en jeu dans la zone des buts.
La différence majeure sera au niveau de l'approche. Contre les Américaines, ça joue dur et vite. Face aux Suédoises, ça va plus être le jeu du chat et de la souris. Va falloir faire preuve de patience. Même que selon Hayley Wickenheiser, les Canadiennes vont peut-être devoir jouer la trappe. C'est Jacques Lemaire qui va être content!
Ça ne devrait cependant pas changer grand-chose à l'issue du match. Évidemment, on ne pariera pas contre les nôtres. On vous prédit même une victoire de 5-2.
Mais peu importe le résultat, comme le dit Wickenheiser, la plus belle et importante victoire pour le hockey féminin a eu lieu le 17 février 2006.
Cette performance des Suédoises ne pouvait survenir à un meilleur moment. Parce que 8 ans après son entrée dans la famille olympique, le hockey féminin est encore loin de faire l'unanimité, même si ça prend au moins 12 ans avant de former un athlète.
À Turin, le vent vient de tourner. Souhaitons qu'il souffle dans cette direction encore longtemps!