Au royaume de Mickey Mouse
17 février 2006 - Si ça continue comme ça, les Jeux olympiques d'hiver vont avoir un petit air de Disneyland. Après le ski acrobatique et le patinage de vitesse courte piste, un autre sport « Mickey Mouse » vient de faire son entrée dans la famille olympique: le snowboard cross.

Photo: AFP/Doug Pensinger
Dominique Maltais
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J'écris « Mickey Mouse » parce que c'est comme ça que certains puristes décrivent ces nouveaux sports. Des sports de jeunes, des sports d'une nouvelle génération. You hou! Il faut évoluer dans la vie. Il y a 50 ans, personne ne connaissait le four à micro-ondes. Aujourd'hui, plus personne ne s'en passerait.
Donnons donc un peu de crédit aux vieux bonzes du Comité international olympique (CIO). Ils ont compris que pour avoir du succès auprès des jeunes les Jeux devaient s'adapter.
Exit le baseball et le softball aux Jeux d'été, bienvenu le BMX.
Vaut mieux s'y faire au plus vite parce que ce n'est qu'une question de temps avant que le ski-cross et le ski de demi-lune rejoignent leur pendant du surf des neiges.
Et puis vous savez quoi? C'est extrêmement populaire. Mercredi pour l'épreuve des hommes (je n'ai pas vu celle des femmes), les gradins étaient remplis. C'était pareil pour la descente masculine, mais pas pour le patinage longue piste et courte piste ou le patinage artistique.
On sait maintenant pourquoi les gens aiment ça. C'est E-X-C-I-T-A-N-T. Autant qu'un match Canadien-Nordiques à l'époque.
50 % de chance
Quatre surfeurs qui, côte à côte, dévalent une piste parsemée de sauts, de virages serrés et de portes qui délimitent la largeur du tracé. Comme des chats, à l'instar du patinage courte piste, ils doivent se faufiler avec finesse et agilité entre leurs adversaires, rester sur leurs gardes pour éviter les pièges et les erreurs des autres et posséder de bons réflexes pour réagir en un clin d'oeil.
Il y a aussi une bonne part de stratégie. Les deux premiers essaient de jouer de prudence pour assurer leur place au tour suivant, tandis que les deux autres doivent foncer tête baissée pour les rattraper. Et c'est là que tout peut arriver. Chutes, dépassements, sorties de piste. Ça joue du coude et ça joue serré, parfois même dur. Il ne faut pas avoir froid aux yeux. Un vrai sport de gladiateurs pour reprendre l'image de Jasey-Jay Anderson.
Rien n'est jamais joué d'avance. Impossible de prédire le gagnant comme dans d'autres sports. On pourrait mettre tous les noms dans un chapeau et en piger un. Le snowboard cross, c'est 50 % de talent et 50 % de chance comme le souligne Mark Fawcett, l'entraîneur de Jasey-Jay.
Et c'est ce qui est vraiment enlevant. Personne n'aurait parié sur le Slovaque Radoslav Zidek. Pourtant, il a dominé la finale pendant la moitié de la course avant de ravir l'argent.
De toute façon, dans tous les sports, il y a une portion de chance. Seulement, en snowboard cross, elle est un peu plus grande que dans les autres. Et alors? On s'en fout. Comme dirait un collègue, c'est « tripant à l'os »!
On dira ce qu'on voudra, mais les sports « Mickey Mouse » redonnent aux Jeux un élan de jeunesse, une génération qu'il faut sérieusement intéresser au sport.