Artistes et athlètes
16 février 2006 - Quoi de mieux pour une soirée de Saint-Valentin que d'aller voir du patinage artistique! Petite musique douce, routines gracieuses, le plus romantique de tous les sports d'hiver. On ne peut plus à propos.
J'y allais tout de même à reculons. Pour faire ma B.A. des Jeux. Je me suis promis d'assister à un maximum de compétitions différentes.
Sauf que ça ne me branche pas, le patinage artistique. J'aime pas. Ça ne correspond pas à ma définition du sport. Trop de paillettes, d'artifices, de froufrous. Puis, des filles maquillées par surcroît. Non mais, qu'est-ce que ça donne de se maquiller pour faire du sport? Si on sue, ça va couler! Encore faut-il suer!
Le Russe Evgeni Plushenko était le favori de Turin.
|
De plus, le sort des athlètes qui repose entre les mains de juges... Au moins, avec le nouveau système de notation, c'est mieux. Plus d'interprétation et de manipulation. Mais vive le bon vieux chronomètre, il ne ment pas.
Je partais donc avec mon lot de préjugés gros comme le bras. Et en plus, je suis incapable de faire la différence entre triple boucle piqué, un double axel ou un Salchow. Ça promettait!
Plushensko magique
Honnêtement, je dois avouer que j'ai apprécié. Pas conquise au point d'acheter des billets pour les prochains Internationaux Patinage Canada. Mais je trouve que la télévision ne rend pas justice au patinage artistique.
D'abord la musique. Jamais à la télé, on ne sent toute la puissance, toute la force qui résonnent dans l'amphithéâtre.
Et puis, c'est le lien entre le patineur et sa musique qui a fait, pour moi, toute la différence. Outre le choix des figures et des enchaînements propres à chacun, c'est l'émotion dégagée par un patineur transcendé par sa musique qui épate.
Mais tous les patineurs ne dégagent pas cette émotion, même qu'ils sont plutôt rares. Mais Dieu qu'Evgueni Plushenko y parvient à merveille. Complètement habité par sa musique, comme si elle lui coulait dans les veines. Sur deux lames, le trois fois champion du monde (et champion olympique depuis jeudi soir) dégage une intensité hors du commun.
La musique dicte chacun de ses mouvements. Puissant, élégant, expressif, le Russe de 23 ans enchaîne les gestes, parfois trop nombreux toutefois, les mouvements et les sauts de façon harmonieuse et énergique.
Artistique, le mot le dit, demande un sens de l'art. Mais tous les athlètes ne sont pas artistes et tous les artistes ne sont pas athlètes. Et le sens de l'art, on naît avec. Certes, ça peut s'apprendre. Mais c'est ce qui différencie les bons des mauvais acteurs. La capacité de rentrer dans un rôle et de ne faire qu'un avec le personnage. Ça, Plushenko l'a compris. La glace, c'est sa scène. Il ne fait qu'un avec la musique.
Voilà où se situe toute la beauté de ce sport. En plus d'un talent sportif, un patineur doit posséder un don artistique qu'il est difficile d'apprécier assis devant son petit écran. Mais sur place, l'art se marie au sport. Ou l'inverse? Bof!
Si je n'assiste plus jamais à une compétition de patinage artistique, au moins j'aurai vu à l'oeuvre l'un des plus grands champions qui m'a réconciliée avec son sport.