L'après-victoire
Jennifer Heil a multiplié les entrevues après sa victoire.
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Quelle soirée ça aurait dû être... Entrer dans un bar avec le titre de championne olympique, voilà qui doit représenter un laissez-passer pour la fête de l'année! Le proprio sort ses champagnes, les « shooters » se suivent et ne se ressemblent pas, les clients vous regardent comme si vous étiez lumineux, le sommeil devient presque une option pour plus tard...
Et pourtant, la fête n'a pas eu lieu. Pourquoi? Les raisons sont bien simples. Une fois que Jennifer Heil a franchi la ligne d'arrivée de la piste de bosses olympique, elle n'a eu que 10 minutes pour savourer cet instant.
Après, c'est un autre type de compétition qui a commencé, celui du bal médiatique, tout aussi spectaculaire que la performance en soit, mais où l'athlète ne gère plus rien.
Prise en charge par l'attaché de presse, elle déroule les mêmes propos d'un média à l'autre, au point de se surprendre à utiliser des phrases identiques, comme si l'enregistrement défilait de nouveau.
D'abord au pied de la piste, puis en conférence de presse, et immédiatement après les contrôles antidopage obligatoires pour les quatre premières, c'est la tournée motorisée qui s'ébranle vers les studios de télévision à proximité. Puis, le lendemain, même scénario à Turin, où les grosses pointures vont de nouveau lui demander si elle est heureuse.
Elle était belle la petite sur le podium, sa médaille aussi grosse que son visage! Elle était exténuée au centre de presse par la suite, non pas d'être grimpée sur la première marche du podium, mais d'avoir vécu ses quatre dernières années en attente de ces 27 secondes olympique.
Elle marchait le sourire accroché, mais sans savoir où aller. Pour elle, les Jeux sont déjà terminés. Elle n'a pas vu la cérémonie d'ouverture, elle ne verra pas celle de clôture non plus: sa saison de Coupe du monde n'est pas terminée.
Meneuse au classement général, en plus de sa breloque olympique, elle retournera à la maison dans un mois avec son troisième titre consécutif de championne de la Coupe du monde.
Un psy occupé...
Le bureau du psychologue de Sauze d'Oulx déborde. Rien de moins que 20 entraîneurs demandent une consultation au lendemain de la finale des bosses chez les dames.
Le psy a d'ailleurs accroché a sa porte l'inscription suivante: « Non, je ne sais pas pourquoi elles ont toutes été lentes ».
Les entraîneurs ont pourtant travaillé depuis des années sur l'obligation de prendre le contrôle de la piste, de la dominer, pas l'inverse! Ils sont démolis aujourd'hui.
Jusqu'au passage des cinq dernières, les spectateurs s'étaient pratiquement installé des intraveineuses à espresso pour rester éveillés. Je blague, bien sûr...
Je vous rassure, il n'en sera pas de même pour les hommes. C'est d'ailleurs ce que répète le psy à ses nouveaux clients pour qu'ils gardent espoir en leur boulot!
Les femmes!
Vous savez qui j'ai revu, hier? Mada, dans toute sa splendeur. Son vrai nom est Maria-Magdelena, elle est née un Vendredi saint, d'où son nom. Elle pourrait aussi s'appeler Lucifer tant elle fait fondre les clients! Devant elle, ils se comportent comme des caniches savants plutôt que des skieurs sans peur et sans reproche!
Vous ai-je envoyé une photo?
Le plus beau, dans cette olympiade, c'est que Mada n'est pas seule sur le podium des beautés célestes de ce merveilleux pays. Sa copine Valentina est encore plus charmante, elle a un petit je-ne-sais-quoi de très sympathique!
Et puis, j'ai aussi découvert la fille de la pizza. Je ne sais encore quel est son nom, mais ça ne saurait tarder! Arianna s'est également permis quelques pas de danse, un moment que je n'ai pas manqué d'immortaliser sur carte-mémoire.
Je doute avoir l'autorisation de pouvoir vous présenter ces ravissantes demoiselles - mon mandat ici en est un de performances sportives. Celui de vous rapporter l'action et les anecdotes. Mais si vous le demandez gentiment à mon patron et qu'il dit oui, je risquerai une photo!
À bientôt!