1 GER 11 12 6 29
2 USA 9 9 7 25
3 AUT 9 7 7 23
5 CAN 7 10 7 24

Jean-Luc Brassard

Une soirée grandiose

Manon Gilbert

Des Jeux boudés...

Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Turin 13:50 • 26 °C

En direct de Turin

Manon Gilbert

Journaliste pour le site des Sports de Radio-Canada.ca, Manon Gilbert se passionne depuis longtemps pour les sports d'hiver. À Turin, elle suivra à l'intention des internautes tout ce qui entoure les Jeux.

Écrivez-moi!

Le champion qui n'a plus confiance

13 février 2006 - En marchant jusqu'à l'Ovale Lingotto où se déroule le patinage de vitesse longue piste, j'étais incapable de chasser de mon esprit cette fameuse image d'un certain soir de février 2002... Celle où Jeremy Wotherspoon a chuté lors de la finale du 500 m à Salt Lake City.

Vous vous souvenez? Un, deux, trois et paf... Étalé de tout son long sur la glace. Une image mille fois montrée à la télévision. Médaillé d'argent du 500 m à Nagano, Wotherspoon ne pouvait choisir pire moment pour tomber. Devant des millions de téléspectateurs... comme Perdita Felicien lors des Jeux d'Athlènes.

Photo: AFP/Chai Hin Goh

Jeremy Wotherspoon

Si c'était arrivé en Coupe du monde, personne ne l'aurait vu et pas grand-monde ne l'aurait su.

Je me demandais donc si Wotherspoon y pensait encore, s'il était encore hanté par ces images maudites? Des images qui vous marquent à vie.

J'ai eu ma réponse lundi soir après la course. OUI!

Cinquième après le premier 500 m, à trois centièmes seulement de la médaille de bronze, Wotherspoon pouvait encore espérer monter sur le podium.

J'y croyais. Mais pas lui.

« J'étais tellement frustré après ma première course que je ne croyais pas que je pouvais gagner. Je voulais juste en finir avec la deuxième. Je n'avais pas confiance en moi durant la course. C'est seulement quelques minutes avant la deuxième course que j'ai cessé de broyer du noir. »

Voilà comment le grand Albertain de 29 ans a résumé sa soirée. Mais comment un patineur qui a remporté 6 titres mondiaux et 57 médailles en Coupe du monde peut-il avoir si peu confiance en ses moyens?

L'explication de l'entraîneur

Son entraîneur Sean Ireland dit qu'il manque de constance, qu'il a des problèmes avec ses virages en course, mais pas à l'entraînement.

Je crois plutôt qu'il n'a pas fait le deuil de Salt Lake City. Pour ajouter l'insulte à l'injure, Wotherspoon a subi une autre chute il y a un mois lors des Championnats du monde de sprint. Rien pour redonner confiance à un athlète déjà fragile. D'ailleurs, Wotherspoon a avoué avoir pensé à sa chute de Salt Lake City pendant la journée, sans toutefois en être touché.

Si tel avait été le cas, il aurait foncé tête première lors de sa deuxième course, comme une course sans lendemain, quoi! Au moins, il aurait eu la satisfaction du devoir accompli.

J'avais déjà eu un indice de son état d'esprit la semaine dernière. En conférence de presse, il avait déclaré qu'il n'avait pas besoin de médaille d'or olympique pour couronner sa carrière. Qu'il allait participer aux Jeux sans motivation précise.

Excusez! Comment un athlète peut-il se présenter aux Jeux sans motivation spécifique? Qu'il soit champion du monde ou classé 30e, tout athlète devrait avoir le désir d'aller au bout de soi-même, de se dépasser.

Se motiver pour les Jeux

Les Jeux olympiques se déroulent tous les quatre ans. Me semble que c'est une motivation suffisante pour se vider les tripes.

Si Wotherspoon entend poursuivre jusqu'aux Jeux de Vancouver, il va devoir travailler sur son « mental ». Et fort à part ça pour ne pas s'effondrer encore lors du grand rendez-vous.

Mais avant de penser à Vancouver, il devra tout mettre derrière lui et se concentrer uniquement sur son 1000 m de samedi.

La tâche ne sera pas facile. Mais la glace est brisée: Jeremy n'est pas tombé à Turin. C'est déjà un grand pas de franchi, non?

Lui reste juste à accepter que neuvième au monde, ce n'est pas si pire que ça. Il lui reste juste à comprendre qu'il n'a pas toute la pression du Canada sur les épaules et que patiner, c'est aussi s'amuser.

 

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