1 GER 11 12 6 29
2 USA 9 9 7 25
3 AUT 9 7 7 23
5 CAN 7 10 7 24

Jean-Luc Brassard

Une soirée grandiose

Manon Gilbert

Des Jeux boudés...

Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Turin 13:50 • 26 °C

En direct de Turin

Manon Gilbert

Journaliste pour le site des Sports de Radio-Canada.ca, Manon Gilbert se passionne depuis longtemps pour les sports d'hiver. À Turin, elle suivra à l'intention des internautes tout ce qui entoure les Jeux.

Écrivez-moi!

L'épreuve reine ou la reine des épreuves

Photo: AFP/Jeff Haynes

L'Autrichien, Hermann Maier

Vous savez tous que l'épreuve reine des Jeux olympiques d'été, c'est le 100 m masculin. Mais selon vous, quelle est celle des Jeux d'hiver? La finale masculine au hockey? Non. Le 50 km masculin en ski de fond? Pas vraiment. C'est la descente masculine en ski alpin.

Vous voulez savoir pourquoi? Parce qu'il n'y a aucune autre épreuve aux Jeux d'hiver qui demande autant de puissance, de vitesse, de précision et de concentration. La moindre erreur, le moindre moment d'inattention ne pardonne pas. Ou on perd de précieuses secondes qui nous coûtent la victoire ou, pire encore, on se retrouve dans le filet de protection avec peut-être une jambe cassée ou un ligament antérieur déchiré.

En fait, la descente se compare à la F1. Sauf que là, les athlètes sont les bolides. Pas quatre mégaroues pour augmenter la traction, juste deux petites planches d'à peine deux mètres. De véritables bombes!

Et puis comme les pilotes de F1, les descendeurs sont les véritables stars des Jeux olympiques. D'ailleurs, certains aiment bien ce statut de vedette. Hermann Maier n'est-il pas toujours suivi par son agent comme Jacques Villeneuve? Bode Miller n'y va-t-il pas régulièrement de commentaires à l'emporte-pièce pour faire couler de l'encre dans les journaux?

Mais revenons au sport. C'est sur le bord de la piste, pas à la télévision, qu'on constate vraiment le côté machine de ces athlètes. Huilés au quart de tour.

Sur leur passage, on entend un « floup ». En F1, ça fait « vroum ». Mais dans les deux cas, il ne faut pas cligner des yeux, ils sont passés. Évidemment, le tirant d'air est moins fort en ski, mais on sent une brise sur leur passage, quand ce n'est pas quelques flocons qui nous refroidissent le visage. Mais c'est vraiment le claquement des planches qui absorbent les contrecoups de la pente et le bruit des carres sur la glace qui nous donnent des frissons dans le dos.

Des cuisses et des fesses d'acier

Photo: AFP/Thomas Coex

L'Autrichien, Michael Walchhofer

Comme des funambules, les descendeurs tiennent sur un fil. Sauf qu'à 126,77 km/h, la vitesse au premier temps intermédiaire du nouveau champion olympique Antoine Dénériaz, la ligne est mince entre la réussite et l'échec.

Il faut être fort. Des cuisses et des fesses d'acier. Excusez, mais on n'a pas pu s'empêcher de regarder! Parce que pour être capable de corriger ses erreurs et absorber les coups, ça prend du muscle, beaucoup de muscles comme ceux du Norvégien Kjetil Andre Aamodt. Deux bourdes monumentales après ses sauts. Au lieu de suivre sa ligne de pente, c'est-à-dire vers l'avant, il s'est retrouvé derrière sa ligne, en plein déséquilibre.

Bien des jeunes auraient pris le décor, mais avec 12 médailles aux Championnats du monde et 7 aux Jeux olympiques, le vieux routier n'a pas paniqué et il a bien failli ajouter une autre médaille olympique à sa collection. N'eut été de Dénériaz qui lui a montré la porte.

Pas pour rien que le Britanno-Colombien Manuel Osborne-Paradis nous confiait après la course que, pour rivaliser avec ces vétérans, il doit passer de nombreuses heures dans le gymnase durant l'été pour aller chercher cette puissance supplémentaire. Cette puissance qui fait la différence entre le quinzième et le premier. Mais à 22 ans, le corps d'Osborne-Paradis ne peut pas tout absorber d'un coup.

Il faut laisser le temps faire son oeuvre. La preuve, l'âge des quatre premiers, dimanche, est de 29, 30, 33 et 34 ans.

Osborne-Paradis, François Bourque, Érik Guay et John Kucera ont encore plusieurs années devant eux pour chausser les bottes, bientôt laissées vides, par les Maier, Aamodt, Lasse Kjus et compagnie.

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, comme le disait Lafontaine.

 

Chroniques précédentes  Album de photos

Haut de page

© Société Radio-Canada. Tous droits réservés.