La route infernale d'une sélection olympique
10 février 2006 - Si vous croyez que, pour un patineur de vitesse, la qualification pour les Jeux olympiques est une simple compétition comme dans bien d'autres sports, détrompez-vous! La route vers le plus prestigieux événement sportif est parsemée d'embûches, tant physiquement que mentalement.
Pour commencer, il faut comprendre ce qu'est une Coupe du monde. Premier jour, 3 fois 1500 m pour se rendre en finale. Deuxième jour, 4 fois 500 m pour atteindre le dernier tour. Troisième et dernier jour, 4 fois 1000 m pour faire la finale. À cela, il faut ajouter une grande finale pour le relais de 3000 m. Donc, un grand total de 12 courses pour être couronné champion de cette Coupe du monde.

Photo: AFP/Matthew Stockman/Getty Images
Mathieu Turcotte
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Comparons-la maintenant à cette longue route olympique.
Tout d'abord, la sélection olympique canadienne. Cette première étape est une compétition complètement folle de 11 jours, durant lesquels les athlètes vont au bout d'eux-mêmes. Vous voulez un scénario complexe très simple? Les patineurs se donnent à fond pendant trois blocs de trois jours entrecoupés d'une journée de repos. C'est comme s'ils participaient à trois coupes du monde de suite! Trois coupes du monde en 11 jours!
Imaginez! Un premier bloc où l'objectif est simple: connaître le meilleur départ possible pour s'enlever un peu de pression pour la suite des choses. Durant la deuxième partie, chacun tente de rattraper ses bévues ou, à l'inverse, de consolider sa position. Durant le troisième et dernier bloc, c'est le tout pour le tout. Ça passe, et on ne veut surtout pas que ça casse!
Rien pour calmer son homme! Chaque course a une incidence directe sur une participation ou non aux Jeux olympiques. L'équivalent de neuf parties de hockey en 11 jours, avec le stress de la Coupe Stanley, mais sans les millions!
Une fois sélectionné au sein de l'équipe canadienne, tant de choses restent à faire! On doit maintenant qualifier le Canada pour les Olympiques. Eh oui! Pour obtenir la possibilité d'aligner un maximum de trois représentants de chaque sexe dans chaque épreuve, il faut réaliser certaines performances lors de deux coupes du monde.
Le processus étant un peu complexe, je vous évite les détails. Sachez par contre que si par malheur les performances ne sont pas suffisantes pour qualifier trois patineurs, et que vous vous retrouvez à être le troisième Canadien dans le classement de l'épreuve, vous devez oublier cette course aux Jeux olympiques. Et ce, même si vous étiez le meilleur sur cette distance durant les sélections canadiennes. Frustrant, non?
De quoi voir différemment ces bêtes de scène, ne pensez-vous pas?