Saison
1999-2000
Émission du jeudi 1er juin 2000
  Le retour du béret
D'après :
HAGET, Henri.
" La revanche du
béret basque ",

L’Express,
20 avril 2000.

 

Imaginez-vous, mes amis, qu’on va assister, et c’est déjà commencé, au retour du béret sur la scène internationale. Non, non pas celui de Monica Lewinsky qui cache la moitié du visage… Vous vous souvenez de la photo qui nous la montrait avec ce béret, une scène qui revenait et revenait? Ce qui a, apparemment, relancé la tendance, c’est Fidel Castro qui aurait passé une commande de 100 000 bérets.

Che Guevara

" Dans la foulée, la célèbre photo de Che Guevara coiffé de son emblématique couvre-chef est remise au goût du jour. " Viva la revolución! "Cette photo, on ne l’avait jamais perdu de vue, remarquez, mais là ça devient plus évident.

" L’objectif consiste à attaquer le monopole de la casquette de baseball sur le terrain du couvre-chef professionnel, en brodant le nom d’une firme ou d’un club sportif sur des bérets fantaisie. "

J’en ai parlé à mon petit-fils de 12 ans, genre casquette et tout et tout, et il s’est montré un peu choqué : " Des bérets? Tu crois ça toi, grand-papa? "

 


   
  Le sommeil
D'après :
La Recherche,
Hors série N° 3,
" Le sommeil
et le rêve ",

avril 2000.

Si on remonte à quelque 150 millions d’années dans l’évolution, quand les êtres humanoïdes dormaient, il n’y avait pas chez eux de période onirique dans le sommeil. Ils s’endormaient et tombaient dans le vide, dans le sommeil profond. Autrement dit, d’après ce que je comprends, la dernière découverte à propos du sommeil a été le sommeil paradoxal qui est apparu il y a environ 150 millions d’années.

Les mammifères vivipares et les oiseaux connaissent un moment très particulier lorsque leur cerveau est endormi. Ils connaissent une activité cérébrale aussi intense que celle de l’état de veille, et c’est ce qu’on appelle " le sommeil paradoxal ". Est-ce dormir, ou n’est-ce pas dormir? En fait, c’est dormir mais, en même temps, le cerveau demeure aussi actif que lorsque le sujet est éveillé.

Je me suis plongé dans ce numéro hors-série de La Recherche qui porte sur le sommeil et le rêve, et j’y ai trouvé des choses extrêmement tripatives sur le sommeil. Par exemple, on parle ici des petites manies et des grandes tendances.

D'après : OHAYON, Maurice. " Petites manies et grandes tendances ", La Recherche, Hors série N° 3, " Le sommeil et le rêve ", avril 2000.

  • Études sur le sommeil

" Avec l’amélioration des conditions de vie, on aurait pu s’attendre à une amélioration des conditions de sommeil. En fait, il n’en est rien ", nous dit Maurice Ohayon, psychiatre et chercheur sur les troubles du sommeil, qui signe un article du dossier.

On a interviewé des gens au téléphone, en Europe et au Canada. C’est la première fois que je vois ça dans une étude : en Europe, on parle de la plupart des pays européens, alors que pour le Canada, il est question de ce qui se fait à Montréal et à Toronto, un peu comme de deux vieux qui seraient très différents l’un de l’autre, mais on ne parle jamais du Canada comme tel. En tout cas, je ne pensais pas qu’on dormait d’une façon si différente…

" Nous savons que nous dormons en l’an 2000 moins bien qu’à l’époque de nos grands-mères et que notre sommeil a diminué d’environ une heure. Ce n’est qu'une moyenne lissée par des variations interindividuelles – qui sont considérables –, mais on peut dire que la volonté d’efficience de nos sociétés s’est reportée sur nos heures ‘ perdues ’ à dormir. " Donc, fouette le cheval, puis dort moins; veille plus tard mais lève-toi quand même, etc.

" En 1993, une première étude réussie en France a entraîné la création en 1995 d’un groupe international sur l’épidémiologie des troubles du sommeil. Le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, le Portugal et l’Espagne ont été successivement étudiés ", dit-on ici et on a appris des tas de choses à propos du sommeil.

 

  • La sieste

Quel est, selon vous, le pays où l’on fait le plus la sieste?

" Comme nous allons voir, la sieste n’est pas l’apanage du Sud. D’après nos études, environ 17 % des sujets pratiquent la sieste plusieurs fois par semaine… […] En Allemagne, les taux de sieste sont élevés, mais uniquement à partir de 65 ans, c’est-à-dire à l’âge où la plupart des travailleurs sont à la retraite. À cet âge, plus de 40 % de la population allemande fait la sieste, alors que c’est le cas de 24 % à 33 % des personnes de cet âge dans les autres pays (sauf au Portugal). Avant 65 ans, les taux allemands se comparent à ceux de l’Italie et de Toronto. " Je vous l’avais dit que ces deux villes étaient très différentes, Montréal et Toronto.

 
  • Rituels

Dans cet article de Maurice Ohayon, il est aussi question des rituels, car le coucher peut s’accompagner de rituels plus ou moins élaborés.

Il y a des gens qui ont besoin pour s’endormir d’avoir une lumière allumée. Je connaissais ça un peu quand j’étais petit, car parfois, quand j’avais peur durant la nuit, je demandais qu’on allume une petite lumière. Puis, à un moment, on m’a dit : " Là, tu es assez grand, tu vas dormir dans le noir! " Depuis ce temps-là, je fais ce que je veux, puisque je suis assez grand… [rires]

Certaines personnes gardent un verre d’eau à portée de la main. Moi, j’ai une trentaine de livres sur le plancher près de mon lit, mais ça c’est autre chose. Dans certains cas, il s'agit de s'endormir avec un objet transitionnel, tel une couverture à laquelle on attache de l’importance, ou un ours en peluche. La présence d’un tiers, aussi, peut faire partie de ces petites manies de l'endormissement. Du genre : " Je dors mal quand tu n’es pas là. Ou je ne dors pas pantoute quand tu es là… " [rires] Ce n’est pas pathologique tout ce que je vous raconte : " Ces petites manies sont fréquentes, nous dit-on, mais n'ont aucun caractère pathologique, sauf si leur absence provoque un trouble chronique de l’endormissement. "

 
  • Les heures du coucher et les 1 % d'exception

Je me rends compte que, dans cette étude, on travaille beaucoup avec les extrêmes, les 1 %. Un pour cent fait ceci et l’autre extrême fait cela, ce qui permet beaucoup de voir la largeur de la fourchette. Autrement, on serait obligé de dire que 15 % de gens font telle chose et 20 % telle autre chose, etc. Par exemple :

" Les enquêtes révèlent qu'avant l'âge de 45 ans, 1 % des sujets se couchent vers 21 heures ou plus tôt; après cet âge, ce seuil se déplace à 20 heures. À l’autre extrémité, environ 1 % des moins de 45 ans se couche après 2 heures du matin. Par la suite, ce seuil se déplace vers 1 heure. On se couche très tôt en France (vers 22 h 45) comparativement aux autres pays étudiés; Britanniques, Portugais et Torontois se couchent au moins 30 minutes plus tard. – C’est intéressant de voir que les gens de Toronto et les gens de Montréal ne se couchent pas à la même heure…

Ces heures de coucher tardives devraient être compensées par un réveil plus tardif. Ce n’est pas le cas des Anglais qui se lèvent presque à la même heure que les Français. L’horaire veille-sommeil des Japonais ressemblerait davantage à celui des Anglais, puisqu’ils se couchent tard (23 h 30) et se lèvent très tôt (6 h 30).

" En fait, l’heure du réveil est variable selon l’âge mais varie peu en fonction des pays. Avant 55 ans environ, 1 % de la population se réveille à 4 h 00 du matin ou plus tôt […].
À l’autre extrémité, environ 1 % des moins de 25 ans se réveillent vers midi. – Bien sûr… [rires] – Ce seuil se déplace vers 10 h 00 à 44 ans et descend à 9 h 00 du matin à 75 ans. Les Allemands et les Torontois dorment environ 90 minutes de plus en fin de semaine. "

D'après :
HENNEVIN-DUBOIS,
Elizabeth.
" Qui dort,
mémorise… ",

La Recherche,
Hors série N° 3,
" Le sommeil
et le rêve ",
avril 2000.
  • Sommeil et mémoire

" Depuis une trentaine d’années, les chercheurs traquent les liens fonctionnels entre sommeil et mémoire – car il y a des théories qui disent que le sommeil permet de rafraîchir la mémoire pour ainsi dire, ainsi que pour stocker le souvenir de certains événements ou d’un apprentissage donné. – Si un traitement mnésique [pour mémoire] semble pouvoir s’établir pendant le sommeil paradoxal, son efficacité varie selon les types de souvenir ", dit-on dans un autre article.

Est-ce que cela expliquerait, par exemple, que le taux de sommeil paradoxal, c’est-à-dire du sommeil pendant lequel on rêve et qu’on a une activité du cerveau semblable à celle que l’on a à l’état de veille, est beaucoup plus élevé au début de la vie? Quoique la vie commence quand? Si on considère qu’elle commence dans l’utérus, ma formule est défectueuse.

Dans le sein de la mère, l’enfant rêve. Il est donc plongé dans le sommeil paradoxal puisqu’il rêve. Est-ce que ça favorise une réorganisation des souvenirs en mémoire ou d’un certain apprentissage? Et aussi ça continue, chez les tout jeunes, dans les débuts de la vie et c’est une période critique, fondamentale. Peut-être est-ce l’explication de ce taux de sommeil paradoxal qui est beaucoup plus élevé dans les premières années de la vie que plus tard.

D'après :
DIJK, Derk-Jan.
" Âge, rythmes et
lampe de chevet ",

La Recherche,
Hors série N° 3,
" Le sommeil
et le rêve ",
avril 2000.
  • Le besoin de dormir

Sachez que le besoin de dormir diminue avec l’âge. On se lève plus tôt le matin, ce qui avance artificiellement notre horloge biologique jusqu’à ce qu’un équilibre s’installe. C'est ce que l'on apprend dans un autre article : " Âge, rythmes et lampe de chevet ".

" En effet, au bout d’un certain temps, le phénomène s’arrête de lui-même, un peu comme si trop de décalage ramenait l’horloge à zéro. Il est clair que la réduction des besoins en sommeil avec l’âge a d’autres implications dans la vie quotidienne. Parce que le sommeil lent est un état de sommeil profond, nous pouvons dormir dans le bruit quand nous ‘ produisons ’ beaucoup de sommeil lent. […]

" Nous ne pouvons guère agir contre le vieillissement, mais nous pouvons lutter contre certains de ses effets. Comment? Par exemple, en contrôlant la lumière à laquelle nous nous exposons. " Plus il y a de lumière dans la journée, autrement dit plus on vit dans la lumière, moins on a vraiment besoin de sommeil. Quand on vit davantage dans l’ombre, la mélatonine prend le dessus et cela peut faire problème.  Dépression et manque de lumière

 
  • Sommeil médicamenté

Plus loin, on parle des somnifères. La consommation médicamenteuse pour dormir :

  • les Français viennent en tête : 9,8 %;
  • les Portugais : 8,2 %
  • les Italiens : 5,7 %
  • les Torontois : 5 %
  • les Montréalais : 3,8 %
  • les Anglais : 3,6 %
  • les Allemands : 2,4%.

Ces médicaments sont des anxiolytiques dans 60 % des cas et des hypnotiques dans environ un quart des cas (25 %). Les autres médicaments sont, dans l’ordre, des antidépresseurs, des produits naturels, des médicaments sans actions spécifiques sur le sommeil, des médicaments pour dormir en vente libre, etc.

Il y a aussi 20 % des gens, en général, qui se plaignant de troubles du sommeil, utilisent des traitements alternatifs : relaxation, psychothérapie, etc.

D'après :
CESPUGLIO, Raymond
(Propos recueillis par
GRUSZOW, Sylvie).
" Le sommeil efface
le vécu du stress ",

La Recherche,
Hors série N° 3,
" Le sommeil
et le rêve ",
avril 2000.
  • Stress et sommeil

Je vous ai déjà parlé à quelques reprises du professeur Michel Jouvet, un des grands spécialistes du sommeil, qui dirigeait jusqu’à ces toutes dernières années un laboratoire sur le sommeil à Lyon, et qui est très célèbre dans le monde entier. Sachez que c’est maintenant le Dr Raymond Cespuglio, qui lui-même s’est impliqué dans la recherche des mécanismes neurochimiques du cycle éveil-sommeil depuis 20 ans, qui a repris la suite des travaux du Dr Jouvet. C’est donc lui qu’on a interrogé sur la relation entre le stress et le sommeil : Est-ce que le fait de dormir diminue le stress? Est-ce que trop de stress empêche de dormir?

" Chez l'homme, on a montré une relation entre l’altération du sommeil – et notamment du sommeil paradoxal – et le mal de vivre ", explique le spécialiste. Parce que le stress cause le mal de vivre. Et parfois c’est la dépression qui survient au bout du compte. Y a-t-il un rapport entre le manque de sommeil et la dépression? Dans ce cas-ci, le bon sens triomphe et, bien sûr, la réponse est oui. Mais le bon sens ne triomphe pas toujours, remarquez. " Lorsqu’on a vécu un événement stressant, il y a une trace mnésique qui reste, une entaille profonde. Quand la réponse en sommeil ne survient pas, c’est la porte ouverte à la dépression, explique R. Cespuglio. Nombre de déprimés sont des gens qui n’ont probablement plus cette réponse au sommeil paradoxal. " Donc ils peuvent tomber dans le sommeil profond, mais ils se retrouvent difficilement dans le sommeil paradoxal grâce à l’activité du cerveau qui fonctionne alors comme en état de veille.

Puis, on l’entraîne un peu sur le terrain de l'héréditaire en lui demandant si l'on peut naître stressé : " Y a-t-il des individus qui naissent avec une pénalité d’entrée? demande-t-il. Au-delà des gènes, la première pénalité est celle de la susceptibilité de l’individu – une sorte de réceptivité, d’ouverture au stress. – Le milieu où l’on grandit et l’environnement sont extrêmement importants. Ce sont eux qui déterminent en grande partie cette susceptibilité. Si vous vivez jusqu’à l’âge de 10-12 ans dans un climat sécurisant, vous êtes psychologiquement tranquille. Vous n’aurez probablement – sauf catastrophe – jamais de dépression de votre vie. " C’est intéressant comme information. Imaginez alors dans quel enfer on a tous vécu les uns les autres! [rires]

" Naît-on insomniaque? ", une autre question qu’on lui pose.

" C’est difficile à dire, répond-il. Le sommeil paradoxal, notamment dans la dernière partie de la gestation, est présent de façon quasi permanente. Il est aussi présent à des taux élevés pendant la croissance. Il est possible que sans sommeil paradoxal in utero, il n’y aurait pas de viabilité. […]

" Considérons l’autre versant :
pour se sentir bien et ralentir son vieillissement,
il faudrait sans doute conserver ses 100 minutes quotidiennes
de sommeil paradoxal. "

" Le vieillissement s’accompagne d’une altération de l’architecture du sommeil, explique plus loin Cespuglio. Notamment, on assiste à une diminution du sommeil lent profond, du sommeil paradoxal aussi […]. Il est probable que ces dysfonctionnements soient, au moins en partie, liés à l’augmentation des radicaux libres dans le cerveau. " Ah! ces radicaux libres! Quand va-t-on réussir à les enfermer? Il ne faut pas les laisser en liberté, messieurs, dames.

 
  • Des toxines dans le cerveau

Il y a quelque chose de troublant ici et qui risque de nous marquer pour la vie, je sens ça. Dans le cerveau, on trouve des gaz qui sont connus pour être hautement toxiques, notamment le monoxyde d’azote et le monoxyde de carbone (c’est ce qu’on retrouve dans toutes les grandes pollutions de villes, du reste). On arrête d’ailleurs la circulation automobile dans les villes quand ces taux sont trop élevés. Dans l’organisme, jusqu’à un certain niveau, ils régulent diverses fonctions physiologiques, mais lorsqu’on vieillit, ils sont produits en excès, d’où un effet délétère pour les structures cérébrales. – Voilà où se trouve l’ennemi du vieillissement : les radicaux libres qui se trouvent de plus en plus nombreux dans l’organisme.

" Le vieillissement de l’organisme est d’abord lié au vieillissement du cerveau, nous fait remarquer Cespuglio. Quant au sommeil, il est probable qu’il s’altère avec l’âge, car les structures qui génèrent les rythmes du sommeil peuvent être touchés par l’action de ces gaz. " J’ai l’impression que je suis en train de vous inquiéter… mais parfois, j’aime ça…[rires]

D’après ce que je comprends, ces gaz sont susceptibles de nuire considérablement au sommeil. C’est du moins l’information qui nous est donnée ici.

 
  • La trampoline favorise le sommeil paradoxal

Il y avait aussi une chose curieuse là-dessus. Quand on vit des expériences intenses, comment cela se répercute-t-il dans le sommeil? Ça dépend de la nature de l’expérience, figurez-vous. Par exemple, si vous vous soumettez à un entraînement intensif de trampoline pendant plusieurs semaines, cela conduit à une augmentation significative du taux de sommeil paradoxal. Bref, vous allez avoir besoin de rêver davantage. Pourquoi? Y a-t-il quelque chose à mémoriser là? Un expert ajoute que ce n’est pas le cas d’un entraînement de football. C’est vrai qu’avec la trampoline, on fly pas mal.

Il faut dire aussi que ces magazines sont très prudents dans leurs explications qui s’adressent à des scientifiques. Et quand des ignorants comme moi piochent dedans, il se produit des petits accrochages de sens.

 


   
  Surmonter les obstacles en étant son propre témoin

D'après :
ADRIENNE, Carol.
Votre mission de vie,
Éd. du Roseau, 1999.


Carol Adrienne

Parmi les ouvrages qu’on m’a remis l’autre jour, il y en avait un qui ne m’a pas beaucoup inspiré au départ et qui s’intitule Votre mission de vie.

  • À propos du " missionnariat "…

Je pense que c’était à cause du titre et que j’avais à surmonter une certaine résistance, car le mot " mission " m’agace un peu.

Avoir une mission dans la vie dans le sens qu’on se donne l’impression d’être venu sur Terre pour remplir une mission spéciale, puis on se prend pour Napoléon, pour Jeanne d’Arc, ou pour Louis XVI, ce qui n'est pas très drôle… Pourtant, c’est bien de mission dont il s’agit dans cet ouvrage qui propose certaines pistes pour trouver sa place dans le monde grâce à l’intuition et à la synchronicité. Alors, je me suis imposé de comprendre quelle était l’intention de l’auteure, qui est Carol Adrienne, lorsqu’elle a écrit ce livre, paru aux éditions du Roseau.

Je me suis d’abord dit que le mot " mission " est associé à missionnaire, qu’il est aussi associé à penser qu’on va nécessairement véhiculer un message, qu’on est venu pour ça sur cette planète, etc. Mais j’en suis revenu, parce qu’il y avait cette suggestion de James Hillman, dont je vous ai parlé récemment (et qui occupe une place assez élevée dans la hiérarchie de mes préférences) à propos de vocation : selon Hillman, on naît avec une vocation.

Aussi, ce que je fais toujours quand je découvre un nouvel ouvrage qui peut m’intéresser, c’est d’aller voir dans les notes quels sont les ouvrages que l’auteur a cités, pour savoir si je me trouve en bonne compagnie. Eh bien, je dois dire que cette dame est en excellente compagnie avec Joseph Campbell, Carl Jung, Thomas Moore, James Hillman, etc.

Par ailleurs, il y a une citation de lui qui m’a immédiatement réconcilié avec l’ouvrage de madame Adrienne et c’est la suivante : " Vous êtes né avec un certain caractère. Ainsi que les vieux récits le mentionnent, c’est quelque chose qui vous est donné, offert par les gardiens de votre naissance. Chacun d’entre nous vient au monde avec un appel en lui. "

Cet ouvrage est une étude qui prolonge la démarche de James Hillman. Et finalement, je me suis beaucoup amusé en le lisant. Mais une raison pour laquelle il sera difficile de vous en communiquer la quintessence, c’est que c’est un ouvrage très riche en témoignages – ce qui rend la lecture très intéressante, très vivante, mais ce n’est pas toujours facile de faire la synthèse du propos que l’on doit s’imposer au moment où l’on en fait un peu de vulgarisation

 
  • Considérer les obstacles

Voyons ce que nous dit Carol Adrienne, par exemple, sur la façon de se libérer de certaines difficultés ou de certains problèmes. Selon elle, il y a la méthode du bon sens et il y la méthode intuitive. (Nous reproduisons ici le tableau qui se trouve dans le livre de C. Adrienne)

Le bon sens vous dit :

Et la méthode intuitive dit :

" Considérez l’obstacle comme quelque chose de négatif. "

" Est-ce que vous êtes prêt à considérer l’obstacle comme une source d’information significative plutôt que comme une chose négative? "

" Croyez que la réussite est sur la glace jusqu’à ce que vous vous soyez débarrassé de l’obstacle? "

" Cherchez la raison d’être de cet obstacle en vous posant certaines questions. Ceci vous viendra en aide pour enfin atteindre votre objet. "

L'auteure suggère un certain nombre de questions à se poser :

" À quoi dois-je prêter attention? Quelle attitude dois-je changer? Est-ce que c’est le bon moment? Qu’est-ce que j’ai pu laisser passer? Existe-t-il une meilleure façon de faire les choses? Est-ce que je suis prêt à recevoir ce que je demande? "

" Croyez que c’est de l’extérieur que vient l’obstacle, ce qui vous empêche de réussir votre désir ou votre mission de vie. "

" Réalisez que l’obstacle extérieur est la manifestation d’une croyance intérieure ", qui se traduit par des attitudes, un comportement, un discours, un vocabulaire, etc.

Elle vient nous dire qu’on intervient nous-mêmes par nos croyances sur les obstacles, si je comprends bien.

" Croyez que l’on peut y remédier en employant des méthodes périphériques de contrôle comme la logique, l’objectivité, la résolution de problèmes, ou par la raison, l’argent ou l’action immédiate et énergique.

" Surmontez l’obstacle :

  • ensachant clairement ce que vous voulez;
  • en étant réceptif sur le plan de l’intuition;
  • en étant disposé et capable de discerner la racine de la croyance qui a créé l’idée de l’obstacle – l'auteure explique que les croyances nous sont parfois imposées par des expériences vécues au cours de l’enfance;
  • en étant disposé à passer à l’action;
  • en étant disposé à effectuer des changements;
  • en étant disposé à lâcher prise sur quelque chose. "
 
  • Être témoin

L'auteure suggère que l’on devienne son propre témoin :

" Observez le fait que vous recevez des idées qui sont maintenant exprimées, décidées, et décidez si vous estimez qu’elles sont vraies ou pas. Une partie de vous, le Témoin, observe continuellement. Le Témoin est la partie éternelle et immuable de vous-même. Le Témoin ne connaît aucun problème. Le Témoin est. C’est le cœur de vous-même qui existe au sein du courant universel d’énergie.

" Imaginez que le Témoin existe le matin quand vous vous réveillez et avant que vos problèmes ne vous reviennent en mémoire. Remarquez que le Témoin est libre, qu’il ne se laisse pas affecter par les événements, les émotions et même les préoccupations concernant la réalisation de votre vocation dans la vie.

" Quand vous explorez vos problèmes du point de vue du Témoin, il se crée souvent un déblocage d’énergie créatrice un peu comme le fait un voyage comme lorsque nous décidons de couper les ponts et de partir pour un bout de temps. Observer les problèmes à distance, que ce soit au sens propre ou au sens figuré, nous permet de prendre un certain recul. Observez pendant un instant une des croyances limitantes que vous avez à votre endroit, par exemple : ‘ Je n’ai jamais assez de temps ’, ‘ Je devrais être rendu plus loin ’, etc. Remarquez combien il vous est facile de ramener votre énergie sous la forme condensée de croyances et de formes-pensées. Remarquez aussi que vous venez de créer un schéma énergétique dans la façon dont vous avez choisi de voir un problème particulier. Demandez-vous : Où était cette énergie avant qu’elle ne prenne cette forme-là? "

L’intérêt de cet exercice n’est pas de se tourner vers son nombril, mais bien de voir, d’identifier les croyances que l’on entretient, etc. C’est ce que nous suggère Carole Adrienne dans cet ouvrage volumineux intitulé Votre mission de vie, paru aux éditions Du Roseau.

 


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