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Le
Nouveau Planète 1.
Vieillesissement 2.
Andreï Sakharov | ||
| Introduction | ||
Continuons notre périple dans le temps à travers les revues Le Nouveau Planète, qui ont paru à partir de l’automne 1968. Je rappelle que c’est Louis Pauwels, qui était le directeur de Planète, qui dirige Le Nouveau Planète. J’ai découvert que les articles parus à l’époque dans cette publication sont encore extrêmement significatifs; qu'ils sont porteurs de réflexion sur la crise que nous vivons, porteurs de lumière, également. Car il ne s’agit pas seulement de la définir cette crise, encore faut-il proposer des avenues, des pistes de solution. | ||
| À propos de Louis Pauwels | ||
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Au moment où je préparais cette série d’émissions, j’ai appris qu’un livre de Louis Pauwels venait de paraître aux éditions Grasset sous le titre : Dix ans de silence. Un livre sur lui vient aussi d’être écrit par Gabriel Veraldi, qui a été son ami pendant une quarantaine d’années, et il s’intitule : Pauwels, le mal entendu. Pauwels est un personnage très important, un intellectuel engagé dans l’action. On disait de lui récemment : " Dans toutes les entreprises de presse qui ont fait son succès et sa célébrité, il y a toujours eu un effet de surprise et de bonne humeur. " Dans sa biographie, Veraldi le présente sous cette formule : " Il sauta à cheval et partit dans toutes les directions à la fois. " | |
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RAVIGNANT,
Patrick. |
" Entre les générations, déjà s’ébauche aujourd’hui le refus de pourparlers ", observait, déjà en 1968, Patrick Ravignant, qui est depuis devenu un écrivain très respecté. " Les premiers symptômes de cette situation remontent au début de la société industrielle. Dans les civilisations non industrielles – ou traditionnelles –, un puissant lien unit, au contraire, tous les âges de la vie. Dans ces sociétés où l’école est rare, l’éducation est permanente; elle s’effectue surtout au sein de la famille, les plus âgés enseignant aux plus jeunes, sans eux-mêmes jamais cesser pour autant de se perfectionner. L’existence est une vaste université dont le vieillard est en quelque sorte l’ultime professeur. Et l’expérience est une notion dynamique : elle n’est pas l’accumulation d’éléments figés une fois pour toutes. Ce qu’on transmet, plus qu’un savoir, qu’un appris, c’est une faculté d’apprendre. " Plus loin, P. Ravignant revient sur cette comparaison entre sociétés industrielles et sociétés traditionnelles : " Dans les sociétés [traditionnelles], le but suprême n’est pas de découvrir les moyens de dominer la nature, mais de déceler ses liens profonds, cosmiques. L’individu considère la mort comme une loi universelle – parallèlement au cycle biologique de naissance et de mort, nous mourons et renaissons chaque jour, chaque instant. Toute autre est l’attitude angoissée du vieillard dans la société industrielle. Pour nous, la mort est une anomalie, une maladie : certains médecins y voient même un virus. Par extension, la vieillesse assimilée à la mort est, elle aussi, une anomalie, un fléau contagieux. Dans les civilisations traditionnelles, la jeunesse est tenue pour plus périssable que la vieillesse : c’est l’image des dernières années d’une vie qui s’inscrivent définitivement dans la mémoire des générations. " | |
| " L’existence est une vaste université dont le vieillard est en quelque sorte l’ultime professeur. " | ||
| " Pour nous, la mort est une anomalie, une maladie : certains médecins y voient même un virus. " | ||
| L'auteur se penchait déjà sur l’un des thèmes que nous connaissons bien : celui du monde de la production/consommation. " Pour le consommateur de 1968, vie signifie exclusivement jeunesse. La mort et la vieillesse concernent les autres. […] Nous avons tous un peu l’impression de pouvoir ruser avec la vieillesse, de pouvoir la contourner ou même l’écraser comme une vipère. – On n’a qu’à ouvrir les magazines d’aujourd’hui pour tomber sur des recettes miracles qui prétendent qu’on n'a qu’à prendre ceci, qu’à acheter cela, qu’à adopter tel régime alimentaire pour rester jeune, fort, etc. – Les vieux chez nous, poursuit Ravignant, se sentent au fond coupables de n’avoir pas pu écarter la sénescence, comme s’ils avaient omis de se faire vacciner à temps. " [rires] C’est tellement vrai! " Pourquoi cet abandon et cette misère dans les sociétés d’abondance, alors que les vieillards sont honorés dans les civilisations les plus pauvres? ", se demande plus loin P. Ravignant. Puis, il souligne aussi le fait que, de plus en plus, il y aura de moins en moins de gens qui devront porter la charge des autres : " Autrement dit, le nombre de bouches inutiles ne cessera d’augmenter. Les jeunes, on veut bien les entretenir parce qu’ils apprennent à devenir utiles. Mais les vieux, qui sont définitivement hors d’usage? " Plus loin, Patrick Ravignant soutient que la pensée scientifique et technique a engendré une autre morale que celle des sociétés traditionnelles. " Le prestige dont les vieux avaient joui pendant des siècles s’est rapidement effondré. Dans les civilisations traditionnelles, les connaissances se transmettent oralement; mais la source de ce savoir se perd dans le passé, et c’est l’aïeul qui en est le plus proche, d’où le caractère sacré du vieillard. La pensée scientifique et technique a engendré une autre morale : le critère n’est plus l’ancienneté mais, au contraire, la nouveauté. Vérité d’hier, erreur de demain. La vieillesse n’est plus du tout honorable – elle est même suspecte. Dans la famille, ou ce qui en reste, le prestige appartient désormais au plus utile, au plus productif. | ||
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La publicité n’est quasiment conçue que pour les jeunes et n’illustre
que les qualités prêtées à la jeunesse : beauté,
santé, force, etc. " | " À l’heure actuelle, la production est presque exclusivement destinée aux jeunes... Et c’est logique. Pour vendre davantage, il faut renouveler souvent tout au moins la forme. Et ce rythme sans cesse accéléré s’adresse à l’adaptabilité particulière des jeunes. La publicité n’est quasiment conçue que pour les jeunes et n’illustre que les qualités prêtées à la jeunesse : beauté, santé, force, etc. " On voit qu’on est pris dans ce phénomène depuis un certain temps déjà. | |
| " La société industrielle développe une mentalité totalement ségrégationniste, poursuit plus loin Ravignant. Et la ségrégation la plus marquante est celle des âges. […] Le vieux est improductif. Il est pour la société industrielle un paria. " Mais, il faut bien dire que, depuis, il s’est transformé en consommateur. Il y a une question de mentalité, finalement, sur laquelle Ravignant insiste particulièrement. " Dès l’âge le plus tendre, nous sommes élevés dans un véritable dégoût de la vieillesse, dit-il – puisqu’on ne vit plus avec des gens âgés. – Dans les civilisations mystiques, la vie tout entière est conçue comme une progression dont la mort est l’ultime étape vers une vie éternelle. La vieillesse s’inscrit tout naturellement dans cet ensemble évolutif. Pour notre société, l’état suprême, glorieux, enviable, c’est la jeunesse. " Ce phénomène s’est accentué depuis. Il suffit de voir l’acharnement angoissé de tous ceux qui s’efforcent de rajeunir. | ||
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Au fond, les gens
plus jeunes projettent, sur les gens âgés, leur propre peur de vieillir. |
" La vieillesse, c'est la déchéance, le pourrissement, la décomposition physique et morale d’un être qui fut beau, fort, intelligent. La vieillesse est maudite : c’est une monstruosité, une infirmité. " | |
| À la fin des années 60, on avait fait un sondage auprès des jeunes pour connaître leur point de vue sur le vieillissement, et les réponses me semblent très significatives. Cet exercice avait permis de démontrer l’incapacité pour les jeunes de même imaginer le vieillissement. À titre d’exemples, voici quelques réponses que nous rapporte l’auteur :
Jusqu’à cette jeune fille de 17 ans qui s’exclame :
Un autre du même âge ajoutait :
Ou encore cet aveu terrible :
Dans cet article, Patrick Ravignant fait le tour de la question très sérieusement. Il parle de la retraite et de l’effet psychologique de la retraite chez certains. Il appuie sa réflexion sur un article du Dr Bourlière, le directeur d'un centre de gérontologie. " Qu'est-ce que vieillir? ’, le Dr Bourlière écrit : ‘ Vous n’imaginez pas quel peut être le néant mental de la plupart des gens lorsqu’ils ont perdu leur activité professionnelle. C’est cela qui les mine, qui les fait vieillir si vite... La spécialisation de notre époque étouffe les centres d’intérêts secondaires... Quand vient l’âge où il faut s’arrêter, c’est le vide. ’ " Parce qu’on était justement trop spécialisé, on n’a pas développé d’intérêts plus généraux, en quelque sorte.
On fait ici état d'un problème
qu’on vit maintenant de plus en plus :
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| " Le
fantôme est un mort qui appartient encore à la vie, le vieux, un
vivant qui appartient déjà à la mort. " | " La sénescence est un problème extrêmement relatif. Dans notre société, le vieux est une sorte de spectre à rebours : le fantôme est un mort qui appartient encore à la vie, le vieux, un vivant qui appartient déjà à la mort. " | |
| Puis, se référant de nouveau au Docteur Bourlière, Ravignant explique que " les hormones cortico-surrénales, qui jouent un rôle si grand dans l’adaptation de notre organisme aux agressions du milieu ambiant, ne diminuent que très peu avec l’âge. La puissance sensorielle – pour ceux qui croiraient qu’on ne commence à vieillir que très tard – s’amenuise dès l’âge de 10 ans. " Étonnant… Patrick Ravignant aborde aussi la notion d’utilité, laquelle, selon lui, devrait être abolie. " Ce qui contribue lourdement à créer la psychologie de la sénilité, c’est l’état de retraité. L’individu éprouve une véritable culpabilité, une honte à toucher une mensualité, à ne plus produire lorsqu’il a cessé de travailler, de produire. La société industrielle a ancré dans notre esprit l’idée qu’on gagne l’argent correspondant à ce qu’on produit. […] Nous vivons dans la première société opulente de l’histoire avec une mentalité de pénurie, celle d’un monde où il fallait en effet travailler pour s’assurer un minimum vital. L’opulence devrait servir au moins à fixer l’acquisition du minimum vital comme un droit essentiel commun à tous. " Je crois qu’il s’est fait un peu de progrès de ce point de vue-là. | ||
| " L’Occident
industrialisé condamne les tendances les plus naturelles parce que contraires
à la productivité... " |
Plus loin, notre auteur fait un peu le procès de notre société industrielle occidentale : " L’Occident industrialisé condamne les tendances les plus naturelles parce que contraires à la productivité : le repos, la méditation, la rêverie. Nous ne voyons pas les qualités propres à chaque période de l’existence, mais notre besoin d’étiquette nous inspire une image quantitative des âges. La jeunesse égale telle quantité d’énergie; la vieillesse égale telle autre quantité, la moitié ou le tiers. Nous ne voyons pas que chaque âge, développant des tendances qualitativement différentes, peut y appliquer la même intensité, la même créativité (pour la jeunesse, c'est, par exemple, le risque et l’aventure, pour la vieillesse, le rêve et la méditation). " | |
| Ravignant termine son article sur cette question : " Fusion des âges ou guerre des âges? "
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Il s’est passé quelque chose d’extrêmement important le 22 juillet 1968. Ce jour-là, a paru dans deux doubles pages du New York Times le fameux texte de Andreï Sakharov, physicien nucléaire, membre actif de l’Académie des sciences de l'URSS, sur la coexistence pacifique et la liberté intellectuelle. L'article avait pour titre : " Réflexions sur le progrès, la coexistence pacifique et la liberté intellectuelle ". Des blocs de texte, je le précise, qui n’avaient pas été publiés en URSS. Un an plus tard, 18 millions de copies se retrouvaient un peu partout dans le monde. Le texte complet de cet essai, dont le titre original est " Reflexions on Progress, Peaceful Coexistence, and Intellectual Freedom ", a paru, en français dans Le Nouveau Planète N° 3 sous le titre : " Un projet soviétique pour une société russo-américaine "). | ||
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SAKHAROV,
Andreï. |
Je rappelle que Sakharov est un physicien nucléaire très célèbre, à qui l’on doit énormément, car il est à l’origine du " dégel " des relations qui existaient entre l’URSS et les États-Unis. Un dialogue qui n’a réellement commencé qu’autour de 1988, soit vingt ans après le Rapport Sakharov. Je vous en communique quelques extraits. " Les conceptions de l’auteur (Sakharov exprime ses propres positions à la troisième personne) ont pris racine dans les milieux scientifiques et techniques qui s’inquiètent de l’avenir de l’humanité. Cette inquiétude se fonde, en particulier, sur la constatation que la méthode scientifique n’est pas encore appliquée à la politique, à l’économie, aux arts, à l’éducation et à l’armée. – Dans le sens que l’émotion l’emporte partout, au lieu de la raison. C’est du moins la façon dont j’interprète ce qu’entend Sakharov par " méthode scientifique ", dans le contexte. – Et pourtant, la complexité de toute la vie contemporaine, les immenses possibilités et dangers de la révolution technico-scientifique et les différentes tendances sociales exigent une telle méthode. | |
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" L’auteur énonce deux thèses connues :
" Heureusement pour la paix, poursuit plus loin Sakharov, l’écart entre les potentiels technico-économiques de l’URSS et des États-Unis n’est pas assez grand pour inciter l’une des parties à une telle ‘ agression préventive ’ sans risque d’une riposte foudroyante. […] " Nous pensons qu’il faut transformer les principes de la politique internationale : subordonner tous les problèmes concrets et locaux à celui de la prévention active d’une aggravation de la situation; mener activement la politique de la coexistence pacifique et de la coopération; planifier la politique de telle sorte que ses conséquences ne puissent créer des tensions ou des difficultés propices au renforcement de la réaction du militarisme, du nationalisme, du fascisme et du revanchisme. " C’est un véritable manifeste qui a alimenté la réflexion de beaucoup de gens. " La politique internationale doit être imprégnée d’un esprit démocratique et de méthodologie scientifique, écrivait Sakharov. […] La politique internationale des deux superpuissances mondiales (États-Unis et URSS) doit être fondée sur des principes communs :
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| " L’auteur
pense nécessaire d’instituer une sorte d’impôt sur les pays développés,
de l’ordre de 20 % de leur revenu national et durant 15 ans environ. " |
C’est merveilleux de voir que beaucoup d'efforts, depuis, ont été faits en s’inspirant peut-être des suggestions de Sakharov. Après avoir parlé de politique internationale, il traite des facteurs sociaux qui jouent un rôle important dans le présent et l’avenir. Il préconise aussi qu’il faut aider les pays du Tiers-Monde. À un moment, il arrive avec un projet qui est peut-être en voie de se réaliser petit à petit, et qu'il exprime ainsi : " L’auteur pense nécessaire d’instituer une sorte d’impôt sur les pays développés, de l’ordre de 20 % de leur revenu national et durant 15 ans environ. Cet ‘ impôt ’ provoquerait une réduction des crédits militaires. Une telle assistance commune agirait pour la stabilisation et l’assainissement de la situation des pays sous-développés, réduirait l’influence des extrémistes. […] " Un épanouissement harmonieux de l’humanité exige qu’elle considère sa démographie dans son ensemble, comme une famille, sans se diviser en nations autrement que pour l’histoire et les traditions. C’est pourquoi la politique gouvernementale, les lois sur la famille et le mariage ainsi que la propagande ne doivent pas encourager l’accroissement de la natalité dans les pays développés, tandis que, en même temps, on exigerait des pays sous-développés une réduction de cette natalité. " Évidemment, il y a certaines questions sur lesquelles nous avons un autre point de vue maintenant, mais Sakharov transmet tout de même l’essentiel. | |
| Il est question plus loin de la pollution de l’environnement et vous ne croirez pas que ce texte a paru en 1968. Voici ce qu’il a écrit : " Les réalisations industrielles et hydrauliques, le déboisement, le défrichage des terres vierges, l’usage des produits chimiques et toxiques – tout cela transforme, sans contrôle, ‘ notre habitat ’. L’étude des interactions naturelles et des conséquences de notre intervention retarde sur le rythme des changements en cours. Nous rejetons dans l’air et dans l’eau d’énormes quantités de déchets industriels nocifs. Le ‘ seuil de sécurité ’ ne sera-t-il pas franchi? " Le dioxyde carbonique issu de la combustion du charbon altère les propriétés calorifuges de l’atmosphère. Tôt ou tard ce sera dangereux. Mais nous ne savons pas quand. Les toxiques chimiques, utilisés en agriculture contre les parasites, pénètrent dans l’organisme humain ou animal. Ils agissent dangereusement sur le cerveau, le système nerveux, les organes générateurs du sang, le foie, etc. Là aussi, le seuil de sécurité peut être facilement franchi, mais cette question est encore peu étudiée et les processus difficilement contrôlables. " | ||
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Étonnant! On pourrait publier ce texte aujourd’hui et il résumerait parfaitement les propos qu’on tient un peu partout dans le monde. |
" La sauvegarde de notre habitat exige de dépasser divisions et intérêts locaux, poursuit-il. L’utilisation des antibiotiques dans l’élevage facilite l’apparition de nouvelles variétés de microbes ‘ résistants ’. Je pourrais mentionner aussi le problème des détersifs, des déchets radioactifs, de l’érosion et de la salinité croissante des sols, de l’inondation des terres arables, de déboisement, de la destruction des oiseaux et animaux utiles et d’autres cas de dégradations stupides pour de simples intérêts locaux, temporaires, égoïstes, parfois même de pur prestige administratif […]. Ces problèmes sont complexes et liés aux questions économiques et sociales. " | |
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Plus loin, il est question de régimes racistes, nationalistes, militaristes, dictatoriaux : " La forme la plus extrême des dangers qui guettent à notre époque le développement social réside dans le renforcement du racisme, du nationalisme, du militarisme et, particulièrement, dans l’établissement des dictatures policières. " Une situation qui ne s’est pas améliorée avec les années, hélas. Je crois même qu’elle s’est aggravée. " À la base se trouve toujours la lutte d’intérêts, de castes; la lutte pour un pouvoir totalitaire; la suppression de la liberté intellectuelle; la diffusion dans le peuple d’idées mesquines, émotionnelles, schématisées, des mythes de masse : celui de la race, de la terre et du sang, le mythe du danger juif, l’anti-intellectualisme, la doctrine de ‘ l’espace vital ’ en Allemagne; le mythe du renforcement de la lutte des classes et de l’infaillibilité prolétarienne, complété par le culte de Staline et par l’exagération des contradictions avec les pays capitalistes en URSS; le mythe de Mao Tsé-toung, […] ". Etc.
" La tactique, poursuit-il : utilisation de la démagogie, des troupes de choc et Gardes Rouge en un premier temps; ensuite, recours à la bureaucratie terroriste avec des ‘ cadres ’ sûrs du genre Eichmann, Himmler, Iejov et Beria […]. " | ||
| Plus loin, il parle de la menace à laquelle fait face la liberté intellectuelle : " Menacer l’indépendance et la valeur de la personne humaine, c’est menacer le sens même de la vie. […] Revenons à l'indispensable liberté intellectuelle qui donne au peuple et à l'intelligentsia le pouvoir de contrôler et de vérifier les actes, intentions et décisions du groupe dirigeant. "
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Par 4 chemins/ Le
22 février 2001 | ||
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