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NOVEMBRE
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du latin NOVEM, qui signifie "neuf"
En souvenir du 11 novembre 1918

Robertson, Heather
Beauté tragique
Toronto, Lorimer, 1977.

 


C'était à Compiègne, en France, le 11 novembre 1918 à 5 heures du matin qu'était signée l'Armistice qui mit officiellement fin à la Première guerre mondiale.

Depuis, il y a eu d'autres guerres, et le jour du Souvenir est devenu un jour de recueillement pour tous les soldats morts à la guerre, quelle qu'elle soit.

Pendant la Première et la Seconde Guerre, et la guerre de Corée, plus de 100 000 canadiens sont morts en servant leur pays outre-mer.

" Il nous faut nous rappeler, écrivait Heather Robertson dans Beauté tragique: Les deux conflits mondiaux vus par des artistes canadiens.  Si nous renions la mémoire, le sacrifice de cent mille vies canadiennes perd tout son sens. Ils sont morts pour nous, pour leurs foyers, leurs familles et leurs amis, pour un ensemble de traditions qu'ils chérissaient et pour un avenir en lequel ils croyaient. Ils sont morts pour le Canada. Le sens de leur sacrifice dépend de notre conscience nationale collective; notre avenir leur sert de monument. "


Le journal de Prospero

11 novembre 1993, Tokyo
Ça me fait un peu drôle d’associer cette date au jour du Souvenir, alors que je suis chez l’un de nos ennemis de la Seconde Guerre mondiale dont on doit se souvenir aujourd’hui, de même que de la Première... et de toutes les guerres! Je me demande ce que tous ceux qui sont morts bravement (ou lâchement d’ailleurs) au cours de ces guerres peuvent bien penser de l’évolution de l’Histoire... Les Japonais aussi se souviennent, mais pas aux mêmes dates. Il y a même un musée du souvenir à Hiroshima. Malgré tout, je veux dire: malgré ce louable effort pour se souvenir, je dirais que, toutes nations confondues, les humains ont la mémoire courte. Et le jugement de même.

Je me souviens, qu'on ne s'en souviens plus…
Extrait de l'émission
Par 4 chemins
du
11 novembre 1992

Nous sommes le 11 novembre qui est, comme vous le savez, le Jour du Souvenir. Le temps est cyclique, on se le dit à chaque occasion, c’est-à-dire assez souvent. On était là l’an dernier et nous y revoici encore cette année; comme on était aussi là l’année d’avant. Bref, chaque 11 novembre, on est toujours là...

J’espère que ce n’est pas devenu finalement "politically uncorrect" que de parler du Jour du Souvenir… Parce qu’il y a des gens qui ont le sentiment - n’est-ce-pas? - que si l'on parle du Jour du Souvenir, comme ça, on se trouve nécessairement à faire la propagande du militarisme et de la guerre. Permettez-moi de n’en rien penser et d’espérer qu’on comprend, qu’on se souvient de ces pauvres bougres qui sont morts dans des conditions atroces sur les champs de bataille. Car c’est de cela dont on se souvient.

Et l'on n’est pas en train de dire, parce qu’on s’en souvient : "Vive la guerre!" Au contraire, on est en train de se demander comment on pourrait venir à bout de cette façon de "résoudre" les problèmes, les difficultés, les oppositions.

Toujours est-il qu’il y a de moins en moins de ces vétérans pour fleurir les monuments de la Première Grande Guerre, de ceux de cette guerre je veux dire. On a beau dire, on a beau faire, il y aura de moins en moins de gens qui auront connu les tranchées de 14-18. J’ai vu récemment une production, un film de deux heures qui a été fait pour la télévision, qui montre l’atmosphère des tranchées. L’horreur de cette guerre est absolument indescriptible… Je revois encore, pendant que je vous raconte, une des scènes reproduisant un incident réel: à un moment, alors les gaz sont lancés par l’ennemi, chacun court à son masque, mais il y en a un qui n’arrive pas à trouver le sien; et les autres le regardent, de sous leur masque, mourir là, devant eux... Et il y a pire encore...

Il faudrait peut-être, pour se souvenir, que ça se fasse par personne interposée : se souvenir du Souvenir, en quelque sorte.

De plus en plus les monuments de la Première Grande Guerre vont devenir des monuments élevés à la difficulté de se souvenir, pour ainsi dire, et à la difficulté d’apprendre de nos erreurs, également. Un jour un enfant demandera: Qu’est-ce que c’est que ce monument? Pourquoi ça s’est produit? Ça doit être là pour quelque chose? Ça doit être là pour qu’on se souvienne de quelque chose! Mais ça a raté, puisque maintenant on ne se souvient plus de quoi…

Il fallait se souvenir, et on n’a pas tiré la leçon qu’on aurait dû tirer pour ne plus avoir à entretenir ce genre de souvenir. Vous comprenez l’idée? Et puis un jour, on dira: Hitler? Connaît pas... On le dit même déjà...

Une quinzaine d’années après la Deuxième Guerre Mondiale, dans une enquête qu’on avait faite à l'époque, déjà des jeunes disaient: Hitler? Connaît pas. Alors pour la Première, hein! Et plus on s’éloigne, plus il y a pour ainsi dire une compression. On parle déjà des Deux Grandes Guerres qui ont eu lieu dans la première moitié du vingtième siècle...

Le Jour du Souvenir va sans doute, petit à petit changé d’objet. Ça ne sera plus le Jour du Souvenir de tous ceux qui sont morts pour leur idéal, pour leur pays, pour leur patrie, au cours de la première grande guerre – on dit de moins en moins ça d’ailleurs, ces années-ci -, mais le jour de la difficulté de se souvenir, le jour de la difficulté de garder des attaches avec le passé, alors que le temps nous entraîne et qu'il semble d’ailleurs le faire de plus en plus vite.

Le Jour du Souvenir, ça serait un jour de réflexion sur la difficulté de se souvenir, donc sur la difficulté d’apprendre de nos erreurs passées…


Histoire du coquelicot
Pourquoi le coquelicot a-t-il été choisi
comme symbole du Souvenir de nos morts?

"Le coquelicot est un symbole international à la mémoire de ceux qui sont morts à la guerre. Son origine est aussi internationale.

Un écrivain fut le premier à établir un rapport entre le coquelicot et les champs de batailles durant les guerres napoléoniennes du début du 19e siècle. Il remarqua que les champs qui étaient nus avant le combat se couvraient de fleurs rouge sang après la bataille.

Avant la première guerre peu de coquelicots poussaient en Flandres. Durant les terribles bombardements de cette guerre, les terrains crayeux devinrent riches en poussières de chaux favorisant ainsi la venue des coquelicots. La guerre finie, la chaux fut rapidement absorbée et les coquelicots disparurent de nouveau.

Le Lieutenant-Colonel John McCrae, un médecin militaire canadien, établit le même rapport entre le coquelicot et les champs de batailles et écrivit son célèbre poème In Flanders Fields (Dans les champs des Flandres). Le coquelicot devint rapidement le symbole des soldats morts au combat.

John McCrae, 1915

Adaptation de
Jean Pariseau


Voici le poème tel qu'édité sur un site consacré à John McCrae

Dans les champs des Flandres

Au champ d'honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l'espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor'
À nos parents, à nos amis,
C'est nous qui reposons ici,
Au champ d'honneur.

À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.


Quelques années plus tard, une Américaine, Moina Michael, qui travaillait dans une cantine de la YMCA à New York, se mit à porter un coquelicot en mémoire des millions de soldats qui avaient donné leur vie. En 1920, cette coutume vint à la connaissance d'une Française, Madame Guérin, en visite aux États-Unis. À son retour en France, elle décida de se servir de coquelicots faits à la main pour récolter des fonds pour les enfants sans ressources des régions dévastées du pays. En novembre 1921, les premiers coquelicots apparurent au Canada.

Grâce aux millions de Canadiens qui chaque année, en novembre, portent la petite fleur rouge, le coquelicot a survécu comme symbole et les Canadiens continuent de se souvenir de leurs 114 000 morts. "

La seconde guerre mondiale;
l'histoire du conflit par les Forces canadiennes

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